UFDG: le vice-président Chérif Bah tacle le gouvernement Youla sur la gestion de la crise syndicale

Politique

L'assemblée générale de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) s'est tenue hier samedi à son siège sis à la Minière dans la comme de Dixinn. Elle a eu lieu en l’absence du président du parti, Cellou Dalein Diallo et de son vice-président, le Dr Fodé Oussou Fofana, habitués à l'animer.

 

Ainsi, c’est l'ancien gouverneur de la Banque Centrale, Chérif Bah, qui a présidé la rencontre. Le vice-président chargé de la communication et des relations extérieures a axé son intervention sur la grève des enseignants en cours, la mauvaise gouvernance et les élections locales prévues en février 2018 en Guinée.

A l'entame de son discours, Ibrahima Chérif Bah s’est posé la question de savoir pourquoi, c’est maintenant que le président Alpha Condé se rend dans les familles des personnes tuées par balles lors de ces émeutes. Alors que, dira-t-il, en février dernier, six personnes, dont une femme enceinte, ont été tuées par balles lors de la grève des enseignants déclenchée à l’époque. A l'époque, il s'était pas rendu dans les familles de ces victimes.

"On a vu le président Alpha Condé rendre visite aux familles Diakité et  Bah qui ont perdu leurs enfants. Pourquoi maintenant ? Pourquoi depuis 7 ans, il ne l’avait jamais fait ? Pourtant, nous avons eu des dizaines et des dizaines de jeunes qui ont été souvent tués par balles, mais c’est maintenant que notre professeur national a eu un peu de compassion. Pourquoi, c’est maintenant qu’il se réveille pour aller présenter ses condoléances ? Que fera-t-il des 80 autres familles ? Est-ce que ces gens ne sont pas des Guinéens ? », s’est demandé Ibrahima Chérif Bah.

Selon le vice-président de l'UFDG, le gouvernement actuel dans une logique de ‘’fabrication de crises’’. Car, explique-t-il "les enseignants qui vont en classe, qui forment nos enfants font un travail difficile mais noble. […] La grève est un droit constitutionnel. On dit souvent que ce gouvernement est ingénieur de crises. C’est-à-dire qu’il fabrique des crises. Ça veut dire que les choses les plus simples à régler, il ne les règle pas et ça devient des crises pour notre pays"

Pour Chérif Bah, le gouvernement a péché en minimisant la frange gréviste des syndicalistes qualifiés de dissidents. 

"Nos enfants ne sont pas à l’école. Ils sont dans la rue. Evidemment, ils sont mécontents. Ils montrent leur mécontentement en marchant. Cela veut dire que ce gouvernement ne peut pas résoudre les problèmes fondamentaux. L’éducation est un point fondamental qui n’est pas résolu. On dit que ce sont des dissidents, des illégaux. […] La légitimité peut créer dans certains cas la légalité. Comment pouvez-vous dire que ce sont des dissidents et que tout le monde les suit. C’est ce que ces gens-là ont une certaine légitimité.", martèle-t-il. 

Enfin, le vice-président a invité le gouvernement à négocier avec les syndicalistes pour la satisfaction de leurs revendications. Car, selon lui, la gouvernance actuelle est caractérisée par le népotisme, le clientélisme et le détournement des deniers publics.

S'agissant de la mauvaise gouvernance, Ibrahima Chérif Bah va dénoncer le détournement des deniers publics. "Des milliards de GNF vont dans la poche des clans", accuse-t-il.

Pour les élections locales, le vice-président de l’UFDG a indiqué qu’elles seront "le début de la fin de la fraude en Guinée". S’adressant aux militants, il dira qu’il leur appartient de se lever, se battre pour avoir au moins les 50% des communes de la Guinée.

Dans cette perspective, il annonce une mission des responsables du parti bientôt à l’intérieur du pays pour travailler avec la base pour la victoire prochaine de l’UFDG aux élections locales.

Amadou Kendessa Diallo

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