Guinée: l'opposition dans l'impasse!

Libre Opinion

Le combat de l'opposition deviendrait-il vain après plusieurs années de dur labeur? La  scission en son sein illustre la mauvaise passe qu'elle traverse depuis l'annonce de la mise à la disposition du chef de file de son budget. Ce budget, au lieu d'unir les forces politiques de l'opposition, a plutôt contribuer à les diviser.  Comment en est-on arrivé à cela?

Nul n'ignore que l'opposition guinéenne n'est pas catholique. En son sein, il y a des brebis galeuses. Au lendemain du virement de la première tranche du budget et les différentes hésitations de Cellou Dalein et de son entourage, le porte-parole de l'opposition, Aboubacar Sylla, sort de son silence.  Le président de l'Union des forces du changement (UFC) dit n'être au courant de rien à l'image de l'UFDG dont le leader est chef de file. Quelques jours plus tard, c'est l'incompréhension au sein de l'opposition républicaine.

Mouctar Diallo, Aboubacar Sylla et Jean-Marc Telliano "se détachent" et créent le FAD (le front pour l'alternance démocratique).  Cette alliance suscite un tollé dans la cité mais les membres tempèrent en arguant que c'est une alliance électorale.

D'où est venue la divergence?

Pendant que l'opposition était en train de poursuivre le dialogue avec le gouvernement pour l'application de l'accord du 12 octobre 2016, le président de l'UFDG annonce une manifestation contre la non application du dudit accord. Les trois leaders politiques cités ci-haut  annoncent leur réticence pour toute manifestation.

Dans les couloirs, des bruits font état d'un certain rapprochement du pouvoir. Rien n'en est, rétorque Aboubacar Sylla, qui évoque plutôt une question de stratégie politique.

Ainsi défié, le président de l'UFDG, Cellou Dalein Diallo, organisera une marche le 2 août 2017 sans  ses compagnons. Elle sera un succès retentissant car, le parti parle de plus d'un million de manifestants. Le risque pris par Cellou Dalein a été un succès pour lui et son parti.

Les dissidents reviennent ensuite. Faute d'entente avec le gouvernement sur l'application de l'accord du 12 octobre 2016, ils décident de manifester de la Tannerie au stade Bonfi. Le gouverneur interdit la marche, l'opposition s'entête. Tibou Kamara travaille avec le président sur la modification de la trajectoire de la marche. Tard dans la nuit, la marche est de nouveau autorisée.

L'autre point de divorce entre Cellou Dalein et ses anciens acolytes, c'est la formation du cabinet de chef de file de l'opposition. Ni Mouctar Diallo, ni Aboubacar Sylla, ni Dr Faya Millimouno encore moins un représentant du PEDN de Lansana Kouyaté et de l'UFR de Sidya Touré n'est désigné. C'est le tollé dans la cité.

Depuis, l'opposition républicaine se fissure. La sortie de son porte-parole après deux mois d'absence au pays pour faire son mea-culpa sur les stratégies de lutte politique utilisées en est une parfaite illustration.

La gestation difficile d'une autre alliance politique des leaders de l'opposition réunissant plusieurs partis vient confirmer le mal-être qui prévaut entre leaders de l'opposition. Récemment, au siège du PUP, s'est tenue une réunion préparatoire pour la mise en place d'une alliance électorale où il y aurait le PUP (ancien parti au pouvoir, le PEDEN de Lansana Kouyaté, l'UFR de Sidya Touré, le BL de Faya Millimouno, le PADES de Ousmane Kaba, etc.

Tous ces agissements ne feront que l'affaire du pouvoir qui dormira bien sur ses lauriers en attendant de connaître qui seront les principales victimes de ce combat de losers.

Amadou Kendessa Diallo

   

 

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