Des dizaines de journalistes guinéens ont manifesté ce mardi,7 novembre 2017, pour dénoncer les violences exercées par les forces de l'ordre contre eux et la tentative de musellement par les pouvoirs publics dont ils font l'objet.
A l'initiative de plusieurs associations de presse, la marche s'est déroulée de la Bourse du Travail à la Haute Autorité de la Communication (HAC) en passant par la Direction de la police judiciaire (DPJ), la Banque Centrale de la République de Guinée et le ministère de l'Administration du Territoire et de la Décentralisation.
Durant leur parcours, avec des pancartes hostiles aux forces de sécurité et la HAC, ils ont scandé le nom de la présidente de cette institution, Mme Martine Condé. "Martine Zéro, la HAC, Zéro! Nous ne sommes pas des gibiers pour les forces de défense et de sécurité" sont entre autres les slogans que les manifestants chantaient en chœur.
Dans la foule, il y avait la présence des présidents des associations de presse, les correspondants des médias internationaux. Par contre, il n'y avait ni membres du gouvernement, ni militants des partis politiques tant de la mouvance que de l'opposition.
Dans un discours lu par Biliguissa Diallo, l'une des victimes de la barbarie du 31 octobre 2017, au PM3 de Matam, "les associations de presse de Guinée" ont exprimé "leur droit de ne plus reconnaître la HAC dans sa configuration actuelle".
Elles annoncent aussi le dépôt d'une plainte contre la gendarmerie, le jeudi 09 novembre prochain au Tribunal de Première Instance de Mafanco sis à Matam.
"Les décisions de la HAC ne sont pas acceptées par la presse car elle lutte contre la liberté de la presse", martèle-t-on.
Moussa Ibn Conté de l'AGEPI dira, par ailleurs, que "si l'Etat veut saper la liberté d'informations, il va falloir qu'il marche sur nos cadavres".
Amadou Kendessa Diallo
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