Prochaines locales : les femmes souhaitent plus de maires-mères

Politique

La sous-représentation des femmes dans les instances de prise de décisions politique et administrative ne font pas honneur à notre pays. En tout cas, c’est ce que pense le forum des femmes parlementaires de Guinée (FOFPAG) et les femmes leaders de la société civile.

Ces femmes sont décidées à inverser la tendance à travers une vaste campagne de plaidoyers auprès des institutions. Dans cette optique, une délégation du FOFPAG a été reçue, hier jeudi par le bureau de la CENI.

Selon la présidente du FOFPAG, l'honorable hadja Fatoumata Binta Biallo, membre de la commission environnement, du développement local, les statistiques montrent que les femmes représentent environ 20% dans les sphères de prise de décision dans les mandats électifs et les fonctions administratives. Qu’il s’agisse de l’Assemblée nationale, de la Cour suprême, du Conseil économique et social, du gouvernement ainsi que des gouverneurs, préfets et maires, le constat est le même.

Pour la députée, cette proportion ne fait pas honneur à notre pays qui a souscrit aux lois et conventions en faveur de l’égalité et de l’autonomisation de la femme dans tous les domaines. Quand bien même, le résultat du recensement général de la population et de l’habitation montre que les femmes représentent 52% de la population guinéenne.

L'honorable Binta soutient que la CENI a l’obligation, dans la validation des listes de candidats, de respecter l’article 8 de la Constitution qui dispose « tous les êtres humains sont égaux devant la loi. Les hommes et les femmes ont les mêmes droits. Nul ne doit être et devenir privilégié ou désavantagé en raison de son sexe, de sa naissance, de sa race, de son ethnie, de sa langue, de ses croyances et de ses opinions politiques, philosophiques ou religieuses ».

Elle a enfin demandé aux femmes et filles de Guinée de s’engager résolument dans le combat pour changer la situation.

En réponse, la directrice du département planification de la CENI a vivement salué la démarche avant d’encourager les femmes à s’impliquer pour que les femmes et filles s’inscrivent davantage dans les listes électorales.

Mme Camara Djenab Touré s’indigne que lors de la dernière révision des listes électorales, le pourcentage de femmes a diminué de 52% à 48%. Pour elle, il y a encore des efforts à fournir à ce niveau même si les femmes commissaires à la CENI se battent de leur côté pour atteindre les objectifs communs.

De son côté, le président de la CENI, a rassuré le FOFPAG de son soutien dans le respect des textes de loi. Me Amadou Salif Kébé dit partagé l’avis du FOFPAG en ce qui concerne la représentativité des femmes. « A la CENI, nous avions toujours œuvré pour le respect des 30% du quota des femmes. Mais aujourd’hui, le législateur semble dire que limiter le nombre de femmes à 30% est une violation du principe de l’égalité inscrit dans notre constitution ». Aux dires de Me Kébé, la CENI plaidera auprès des partis politiques et des organisations de la société civile plutôt en faveur des listes qui comporteront au moins 50% de femmes.

A préciser que le FOFPAG compte rencontrer les autres institutions républicaines, le Premier ministre, les partis politiques pour défendre la même cause.

Alhassane Barry

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