La marche de l'opposition républicaine de ce 4 octobre 2017 n'a pas été un fleuve tranquille. Elle s'est tenue après plusieurs tractations et une modification de la trajectoire initialement prévue par les organisateurs grâce à une implication personnelle du Chef de l'Etat.
Qui, peut-être, n'a pas souhaité revivre un nouveau bras de fer entre "les forces publiques" du gouverneur de la ville de Conakry, le général Mathurin Bangoura et les militants surexcités d'une opposition déterminée à franchir le Rubicon.
La marche de l'opposition républicaine s'est déroulée ce mercredi à Conakry et dans plusieurs provinces à l'intérieur du pays sans incidents majeurs. Malgré une crainte à la veille de la tenue de cette manifestation politique. Les opposants au régime d'Alpha Condé ont battu le pavé pour dénoncer "l'impunité" dont bénéficient les forces de sécurité guinéennes.
Après plus de 80 personnes tuées, aucun gendarme encore moins un policier n'ont fait l'objet d'une interpellation. Ce qui constitue aux yeux de l'opposition républicaine une violation grave de la constitution sur laquelle, le Chef de l'Etat a juré de respecter et de faire respecter.
Si l'opposition a réussi à fléchir le gouverneur bref le pouvoir en place, c'est parce que l'actuel président de l'Union africaine, qui tient des discours au vitriol partout à travers le monde, ne peut empêcher ses adversaires de s'exprimer de façon légale. Forte de l'article dix (10) de la Constitution guinéenne qui stipule "tous les citoyens ont le droit de manifestation et de cortège, etc", l'opposition républicaine a réussi à mobiliser ses militants et sympathisants pour exprimer son ras-le-bol face à un régime qui se soucie peu de rendre justice aux victimes.
Aujourd'hui, en réussissant à faire sortir ses militants de Labé, Kindia, Mamou, Mali, pour ne citer que ces villes, les opposants au régime de Condé montrent encore une fois qu'une bonne partie des Guinéens adhèrent à leur combat. Et la nature de la mobilisation montre que les Guinéens sont fatigués et ont soif de justice.
Désormais, il est à l'exécutif de mener des enquêtes sur les différents assassinats pour montrer aux victimes et à leurs parents son adhésion à la devise de la République: Travail - Justice - Solidarité.
Sinon, cette opposition républicaine qui a soif de marcher pour dénoncer la mauvaise gouvernance, l'impunité, l'injustice, ect pourrait se servir de ces maux pour continuer à manifester dans les rues de Conakry. Surtout quand le chef de file de l'opposition, Cellou Dalein Diallo, prévient déjà qu' "Alpha Condé n’a plus aucune légitimité de nous gouverner".
Amadou Kendessa Diallo