El hadj Biro Kanté, maire de Beyla en 1958: « lorsque la chefferie coutumière était supprimée, les autorités coloniales n’avaient plus de base »

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Elhadj Biro Kanté était le maire de la circonscription de Beyla, située au Sud-est de la Guinée.  Selon lui, la loi cadre de 1956 a été le basculement du processus de la décolonisation. A l'en croire, ladite loi a permis de supprimer la chefferie coutumière. Qui était, dit-il, une sorte de pilier central sur lequel les autorités coloniales s’appuyaient pour son commandement. 

Pour Elhadj Biro Kanté, le référendum du 28 septembre lui avait trouvé à Beyla en tant que maire de cette circonscription. « C’était une journée de fête  parce que le référendum était bien préparé avant. La chefferie coutumière était supprimée, le commandant de cercle qui était là, c’était un figurant. C’est nous qui avions organisé les élections. Il n’y avait pas d’opposition dans le vote. Le PDG RDA était le parti le seul représenté dans les bureaux : les présidents des bureaux de vote, les assesseurs : tout le monde était PDG RDA. L’enthousiasme était-là », se rappelle-t-il.

A la question de savoir comment le PDG RDA a pu réussir à convaincre la population avant le référendum, l'ancien maire de Beyla dira ceci: « vous savez, la loi cadre qu’on appelait la loi Garson Lefer a été votée en 1956. Elle a permis d’élire les conseils généraux, lors de ces élections. Le PDG a raflé les 98%. Ainsi, nous avons eu à organiser et à supprimer la chefferie coutumière. Quand la chefferie coutumière était supprimée, les autorités coloniales n’avaient plus de base. Les autres partis politiques existaient que par le nom ».

Parlant de l’adhésion aux idéaux du PDG RDA, l’ancien maire de Beyla de a souligné que les idéaux du parti étaient d’abord d’obliger le colonialisme à accepter l’égalité de tous les citoyens. « C’est dans cette lutte que le peuple de Guinée a adhéré à notre programme », explique-t-il au micro de nos confrères de la RTG.

Il a aussi rappelé les chiffres du référendum qui a permis à la Guinée d’être indépendante en 1958. Sur un total de 1 405 988 inscrits, il y a eu 1 200 171 votants.  « Vous voyez, il y avait de quoi a arracher l’indépendance. Le président Sékou Touré, nous a dit de voter non et nous avons tous voté non, ce jour », a-t-il conclu.

Richard TAMONE

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