Il y a huit ans, des centaines de Guinéens ont été massacrés par les forces de défense et de sécurité au stade du 28 septembre à Conakry. Dirigée par des putschistes, la Guinée a connu le pire des crimes contre l'humanité: plus de 150 personnes tuées, plus d'un millier de blessés et de nombreux disparus
Depuis 8 ans, des milliers de Guinéens attendent toujours justice après l'horrible massacre du 28 septembre 2009. Un pool de juges mis en place a déjà entendu plusieurs témoins et inculpés plusieurs personnalités civiles et militaires.
Les victimes réunies en association se battent depuis pour être situées sur l'inculpation des présumés auteurs de ce massacre inédit sur le sol guinéen.
Contre toute attente, certains présumés bourreaux se la coulent douche dans les hautes sphères de l'Etat au grand dam des victimes qui, pour la plupart, ont tout perdu. Malgré les insistances des organisations de défense des droits de l'homme et les associations des victimes, la justice guinéenne peine à ouvrir le procès.
D'ailleurs, l'un des problèmes majeurs auquel est confronté le pool des juges, c'est le cas du Capitaine Moussa Dadis Camara, en exil forcé à Ouagadougou au Burkina Faso. Ce dernier qui a pris le pouvoir après la mort du général Lansana Conté est empêché de regagner à Conakry. Il a plusieurs fois tenté de rentrer au bercail mais en vain.
Chaque année, le ministère de la Justice promet la tenue du procès mais malheureusement, les fonds alloués pour cette activité ne sont pas disponibles.
Récemment, des ong locales ont menacé de saisir la Cour de la Justice de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) parce qu'elles notent une lenteur dans le processus.
Déjà, le ministre de la Défense à l'époque des faits, le général Sékouba Konaté a, quant à lui, suggéré que le procès soit transféré à la Cour Pénale Internationale -CPI-.
De tout ce quiproquo, les perdants demeurent les victimes car elles sont nombreuses qui sont mortes sans avoir connu la justice.
Aujourd'hui, les défenseurs des droits de l'homme se demandent à quand la tenue d'un procès juste et équitable des présumés auteurs du massacre du 28 septembre 2009 au stade du même nom.
Amadou Kendessa Diallo