Guinée: jusqu'où l'opposition républicaine compte-t-elle aller?

Politique

Dans la guerre que se livre l'opposition républicaine et le pouvoir d'Alpha Condé, personne ne connaît l'issue. Depuis quelques semaines, le ton monte entre les deux camps en dépit de l'élection d'un nouveau président à la tête de la Commission électorale nationale indépendante. Les deux parties ne s'entendent pas sur les modalités de l'organisation des élections locales prévues depuis le premier trimestre de l'année en cours.

Après deux manifestations réussies et la crise de leadership à la Ceni, le président de la République, Alpha Condé, a invité les acteurs du processus électoral à se retourner autour de la table pour éventuellement discuter des questions liées au blocage.

C'est ainsi, l'ancien porte-parole de la Ceni, Me Amadou Salifou Kébé, a été élu par ses pairs pour remplacer Bakary Fofana, éjecté le 4 juillet dernier en faveur d'une plénière de la Ceni. Ce dernier a  pris l'engagement de renouer le dialogue avec l'opposition. Déjà, il a entamé, au cours de ces derniers, des visites dans les sièges des partis politiques tant de la mouvance que de l'opposition.

Mais, la goutte d'eau qui a débordé le vase, c'est l'adoption de la loi des finances rectificative 2017, dans laquelle, l'Etat n'a accordé à l'institution chargée d'organiser les élections en Guinée que 100 milliards de francs guinéens sur les trois cent cinquante six milliards demandés.

C'est ainsi que l'opposition a senti qu'elle est en train d'être bernée pour rejeter encore en 2018, les élections locales.

Si au mois d'août dernier, elle avait volontairement suspendu ses manifestations, pour dit-elle, permettre aux fidèles musulmans de se rendre à la Mecque, désormais, cesdites manifestations vont reprendre. Et c'est déjà chose faite.

Ce 20 septembre, l'opposition républicaine est descendue dans la rue et a drainé une foule importante des militants et sympathisants.

Mais jusqu'où ira cette opposition républicaine?

Personne ne peut le dire. Car en marge de la manifestation d'hier, des leaders politiques n'ont hésité à dire que "si le président persiste à violer la constitution", ils n'hésiteront pas à demander prochainement "son départ". 

Cependant, avant le départ pour le sommet des Nations-Unies à New York, la présidence de la Républicaine avait publié un communiqué signé par  lui-même. Ce communiqué rassurait la Ceni de la disponibilité de la somme demandée par l'institution pour l'organisation des élections locales. Malgré tout, l'opposition n'est pas rassurée et compte mettre davantage la pression sur le pouvoir afin d'obtenir les locales en 2017 car, on sait qu'en 2018, le mandat des députés prendra également fin.

Aujourd'hui, l'impasse politique en Guinée prend une autre proportion parce qu'il y a un manque de confiance   réciproque entre les acteurs.

Si les manifestations ne suffisent pas pour plier le pouvoir, les journées  ville-morte seront-elles plus efficaces?

Les jours à venir nous édiffieront....

Mamadi Touré

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