Le président du GRUP, Papa Koly Kourouma tacle la gouvernance d'Alpha Condé: "il a échoué»

Inteview

L'ancien ministre de l'Energie du président Alpha Condé est passé à l'opposition depuis plus deux ans. Papa Koly Kourouma n'a cessé de répéter que la gouvernance actuelle de la Guinée va mal. Il la dépeint comme "un échec" lamentable. Ainsi, même le président de la République a fait une bonne moisson en Chine à l'occasion du BRICS, en obtenant un accord cadre de 20 milliars, l'opposant parle de zone d'ombre. Dans cette interview accordée à nos confrères de Lynx-FM, il évoque plusieurs sujets liés à l'actualité nationale. Lisez

Le président revient de la Chine avec 20milliards de dollars avec trois (3) milliards directement décaissables ?

Oui ! C’est une très bonne chose. Je félicite le président Alpha Condé pour cette récolte importante. Mais j’avoue que c’est une équation à plusieurs inconnues. Je ne sais même pas quelle sera la méthode pour résoudre cette équation. Il faut attendre que ceux qui étaient là viennent nous expliquez exactement de quoi il s’agit, c’est par rapport à quoi ? Quels sont les projets qui sont à réaliser ? Et quelle est la quantité de nos mines qu’il faut donner à qui ? Qui sera propriétaire de ces mines à combien on va en vendre ? Est-ce que se sera au prix d’aujourd’hui ou ce sera au prix de demain ? Vraiment, je me dis que c’est une équation à plusieurs inconnues. Quelle est la cadence qui sera donnée à qui ? Est-ce que l’assemblée a été consultée? Est-ce que l’assemblée s’est déterminée sur cette dette.

C’est un accord de financement de 20 milliards de dollars. Une partie remboursable, une partie non remboursable, selon Kassory.

C’est quoi cette partie qui sera non remboursable ? C’est pourquoi j’ai dit qu’il y a beaucoup d’inconnues. Nous attendons que ceux qui ont participé à la signature viennent éclairer notre religion pour qu’on puisse se prononcer de façon objective.

Alors l’autre question d’actualité c’est ce rapatriement des citoyens Guinéens en situation irrégulière aux Etats Unis d’Amérique. La Guinée aurait finalement  accepté le retour de 59 autres Guinéens. Alors comment analysez-vous la gestion de ces dossiers par l’Etat guinéen?

Je crois que la Guinée se trouve dans une certaine obligation d’agir comme ça,  sinon vous comprendrez depuis un bon moment le problème est posé. Notre ambassadeur a tout fait pour essayer de gérer cette affaire là au niveau des Etats Unis, on ne refuse pas que lui, il s’oppose au rapatriement des ces Guinéens mais on dit ( Amérique Ndrt). Si vous refusiez qu’on rapatrie ces Guinéens qui sont dans des conditions clandestines qui sont entrés de façon clandestine ou qui vivent de vies qui sont en contradictions avec la loi américaine, nous, on ne dira rien. On va prendre des dispositions. Plus jamais, on ne va accorder des visas aux Guinéens, plus jamais un Guinéen ne viendra ici donc la part est belle.

Qu’est ce qu’il faut ? Il faut hypothéquer le départ des autres guinéens aux Etats Unis, combien ils sont ? Ou bien il faut préserver les 59 personnes donc c’est une situation très compliquée et il faut trancher. Je pense que la Guinée a fini par trancher en disant, il vaut mieux rapatrier ceux qui sont rentrés de façon clandestine qui sont en contradiction avec la loi américaine pour que nous mêmes,  nous soyons un pays respectable. Moi je pense qu’il y a la respectabilité du pays, il y a l’image du pays qui est en jeu.

L’ambassadeur de la Guinée aux Etats-Unis a expliqué le fait que la Guinée  s’est opposée à cette opération. C’est parce qu’à l’intérieur, il y avait des personnes qui se disaientGuinéens mais en réalité ils ne l'étaient pas.

Tout ça là porte sur l’image de la Guinée. Ces gens là qu’on traite aujourd’hui des Guinéens qu’est-ce qui a prouvé aux autorités américaines que sont des Guinéens? C’est parce qu’ils disposent des papiers guinéens.  

Si on doit s’en prendre à quelqu’un, c’est à ceux là qui ont donné ces papiers là à ces personnes censés n’est pas être des Guinéens. Tout ça, c’est l’image de la Guinée qui est  salie. Je crois qu’il n’y a pas à tergiverser sur une telle situation. Vous avez donné des papiers à des non Guinéens ? Dès lors, qu’ils ont ces papiers, ils sont Guinéens parce que c’est le seul élément à la disposition des autorités américaines pour pouvoir juger les uns et les autres.

Une plénière de l’opposition républicaine se tient aujourd’hui. Il semblerait que  celle de tous les  enjeux et même dangers. Quel est vraiment le problème qui se pose aujourd’hui ?

Ça, c’est vous qui me l’apprenez des enjeux et des dangers. Moi je sais qu’il y a une plénière de l’opposition républicaine qui va se tenir dans quelque minutes. Nous devons y être mais le qualificatif que vous donnez à cette plénière vraiment je ne sais pas.

Il semble que l’opposition s’est laissé faire avoir encore une fois par le pouvoir ?

Je ne sais pas si l’opposition s’est fait encore avoir par le pouvoir. Moi; je pense que je ne vais pas anticiper ce qu’on va dire au cours de cette plénière. J’attends au sortir de cette plénière pour faire des commentaires par rapport à ce qui s’est dit au cours de cette plénière mais pour le moment je m’abstiens.

Vous voulez dire qu’il y a pas péril, il y a pas quelque chose qui cloche à l’intérieur ?

Vous me connaissez de nature,  je suis serein, rien ne me perturbe. Je ne pense pas qu’il ya ait quelque chose qui puisse nous empêcher de tenir la plénière.

Récemment, il y a eu  remaniement  ministériel. On a vu M. Makanéra Kaké qui avait apprécié cela surtout le retour Bantama et de Ibrahima Kourouma. On dit que vous aussi, vous seriez sur la voie de redéfinir des stratégies pour collaborer avec Alpha Condé. Qu’en est-il réellement?

Je commence d’abord par l’appréciation de Makanéra. Chacun est libre de porter son appréciation quand un problème national est posé. On ne peut pas l’empêcher d’apprécier le retour de Bantama et de Ibrahima Kourouma. D’abord, il faut dire que l’acte qui est posé est un acte souverain de M le président de la république. Donc ça relève de sa discrétion. On ne peut lui dire pourquoi tu as pris tel ministre, pourquoi tu as changé celui-ci par celui-là ? Maintenant quant à une stratégie pour élaborer pour un retour, moi je pleure très, très fort la presse guinéenne. Je crois que celui qui a fait cette interview, je l’avais interpelé. J’ai un problème avec les journalistes. C’est pourquoi je n’aime pas donner  une interview comme ça tant que ça ne soit pas écrit. En général,  je demande à ce qu’on m’envoie les questions par E-mail et que je réponds.

Je suis sûr qu’au moyen, la transcription sera ce qui a été dite. Quand vous parcourez le papier, vous verrez que ce n’est pas professionnel. Quand vous prenez l’interview et que vous partez juste au milieu, vous prenez une instruction, vous titrez par rapport à ça. On ne sait pas comment est-ce qu’on est arrivée à cette question.

C’est la titraille, il attire les lecteurs.

En Côte d’Ivoire, on appelle les titrologues. Vous faites votre article, vous venez chez lui, il vous choisit un titre. Sinon le contenu est tout à fait normal. Il a rendu ce qui a été rendu mais si on ne connait pas ici le sens péjoratif, je regrette. On vous pose la question, est-ce que vous serez prêt à travailler avec un président. Vous dites s’il se met en question et qu’il comprend qu’il a menti au peuple de  Guinée et que ce qu’il a promis au peuple n’a pas été. Et qu’il vous appelle à son secours, vous viendrez.

Les gens s’arrêtent sur les titres et ne lisent plus entre les lignes. Il ne s’agit même pas de lire entre les lignes, mais de lire les lignes mêmes. Ils voient un titre sans lire le contenu, ils l’envoient sur le net.

Pour vous dire comment ça se passe. Quand j’ai vu ça afficher dans un réseau social, j’ai laissé toute la journée, les gens ont fait les commentaires j’ai vu un que je connaissais, Ibrahima Camara, j’ai dit Ibrahima Camara, je parie que tu n’as pas lu l’article, tu t’es arrêté juste sur le titre, je lui ai dit, je te sais intelligent mais va lire et revient vers moi. Il est parti, il a lu. Et il est revenu s’attaquer à celui qui a partagé l’article. Mais il y a rien  qui me compromet et mieux pourquoi même cela vaut être un crime parce que je pose des conditions qui sont à l’avantage du peuple de Guinée.

Je suis opposant aujourd’hui. Je condamne le professeur Alpha Condé parce que son bilan est nul mais qu’il me dise, toi qui me dit que mon bilan est nul, viens nous redresser pour le bien être du peule de Guinée. Donc,  c’est ces conditions que je pose.

Vous êtes prêt à être ministre d’Alpha Condé demain s’il dit ‘’J’ai vu que l’énergie ne marche pas, je te nomme’’

Si c’est en tant que ministre non ! Il a besoin de mon expertise, je peux l’écrire, je peux mettre sur papier, c’est ma contribution. Ce qu’on demande d’ailleurs aux politiques, quand vous dénoncez, proposez aussi. Si on dénonce, on propose, c’est à lui de prendre ou de ne prendre. Mais nous estimons aujourd’hui qu’il a échoué et les raisons de son échec, nous les connaissons parfaitement bien. Nous pensons que si nous sommes vraiment dans la ligne d’un véritable opposant, on fait des propositions de sorti de crise, de sortie de misère des Guinéens. Et c’est ce que nous pensons que nous faisons au niveau de nos différents canaux de communications. Donc qu’on ne prenne pas comme si c’était un sacrilège.

Ça veut dire que malgré votre divergence, malgré que vous êtes opposant si aujourd’hui on vous demandait de contribuer pour l’aider à être sur les rails que ferriez-vous ?

On n’a pas besoin d’attendre qu’il nous demande notre contribution si on veut vraiment le bien-être des Guinéens. C’est ça justement  le rôle d’un parti olitique de l’opposition. C’est pour apporter la contradiction à ce que le gouvernement fait et vous faites des propositions d’usages.

Il y a trop de changement de veste dans la vie politique guinéenne dès que vous posez des actes les gens interprètent ça autrement

Exactement ! Et si on veut aussi rester dans cette pratique pour dire qu’on a peur d’être critiqué, on ne fera jamais rien. La politique qu’on fait aujourd’hui, on peut la faire autrement. Donc maintenons-nous dans cette logique pour que nous nous y mettons et nous sommes prêts à assumer.

Avez-vous le sentiment réel que l’opposition réagit actuellement comme vous le souhaitez comme ça ?

Bien sûr! l’opposition réagit, fait des propositions. Vous n’êtes pas sans savoir qu’aujourd’hui, qu’il y a un chef de fil de l’opposition. C’est le rôle de chef de l’opposition d’organiser, l’opposition de faire en sorte que nous ayons des discussions franches ; que nous ayons des critiques fondées et faire de propositions de rechange de la politique que le gouvernement mène. C’est ça le rôle de l’opposition dans un pays normal. Nous ici, on a tellement travesti la fonction d’opposant qu’on a honte d’être opposant.

Vous parlez de cette opposition, vous et Makanéra vous étiez des observateurs au sein de l’opposition républicaine. Pourquoi vous avez attendu la création du FAD pour officialiser votre adhésion ?

On n’a pas attendu parce que la création du FAD, on n’a pas été informé. On n’a pas été invité, on n’a pas été consulté, on n’a pas attendu la création du FAD pour être de l’opposition républicaine. On était observateurs. A un moment donnée, nous avons dit qu’on est resté très longtemps observateurs, il faut être maintenant membre à part entière et que cela pose des problèmes et qu’on lie ça à une création d’une autre alliance électorale, je dis non ! Ce n’est pas vrai. On n’a pas attendu que ça, c’est une coïncidence.

Et le retour du FAD. Comment vous l’avez accueilli ?

Vous-même, vous ne comprenez pas de quoi il s’agit. Si vous parlez de retour c'est que j’étais parti? Je vais vous rappeler au sein de l’opposition républicaine, il y a des alliances électorales, il y a une alliance électorale entre l’UFDG et l’UDG de Mamadou Sylla. Il y a une alliance électorale entre le FND de Makanéra et le parti GRUP de Papa Koly. Tous, on en parle. Pourquoi la création du FAD qui est aussi une alliance électorale entre Aboubacar Sylla, Téliano et Mouctar Diallo pose problème ?

C’est parce que la sortie médiatique d’Aboubacar Sylla, porte-parole de l’opposition à l’époque par rapport à la marche que vous vous projetiez, il y avait une dissonance ?

Il n’y a pas de dissonance par rapport à la marche projetée. Ils ne voulaient pas s’associer à cette marche pour des raisons qui leur sont propres. Nous, on a pensé que cette marche là était opportune. Donc on a participé.

Mais vous étiez en train d’occulter ?

C’est leur droit, où vous mettez donc la contradiction. La contradiction est le fondement de la politique. On peut dire qu’on peut être tout le temps d’accord sur des questions qui se posent,  une fois de plus, on vous a montré, on a montré à la Guinée qu’on peut avoir des alliés mais avoir des contradictions. C’est ce que cela veut dire. Nos marches ils ne voulaient s’associer, nous on a marché, ça c’est derrière nous, on  ne parle plus de marche donc on se retrouve sur la table. Un autre problème est posé, on va discuter. Qu’est-ce qui vous dit que moi, je vais m’associer de la marche de demain ? Peut-être pas ou peut être oui ! On est libre pour dire qu’au niveau de l’opposition républicaine, c’est vraiment la démocratie.   Donc on n’est pas là pour subir la volonté des gens ou de quelqu’un ou des uns et des autres.

Il y a cette initiative de fédérer toute l’opposition entreprise par le Dr Faya Millimonou, votre ami. Comment vous appréciez cette initiative ?

Une super idée ! Une super initiative ! C’est une bonne démarche. D’ailleurs tout le monde est demandeur. Tous les partis de l’opposition sont demandeurs. Je pense que s’il arrivait à réussir cette démarche, on l’applaudirait.

Il y a deux gros morceaux qui ne sont pas dedans. On a écouté Lansana Kouyaté du PEDN dans une radio amie  qui semblait vraiment avoir de réserve. L’UFR ne serait pas aussi favorable au retour au sein de l’opposition républicaine. ?

Est-ce que Faya vous a dit qu’il fait ces démarches pour le retour à l’opposition républicaine. Moi, je pense que les démarches de Faya s’inscrivent dans une nouvelle reconstitution de l’opposition, une opposition plurielle. Moi je pense que ceux qui portent de réserves ont leurs raisons, je ne juge pas pourquoi ils n’acceptent pas de venir. Tout ce que je sais, c’est que c’est une belle initiative. Et c’est ce que nous voulons d’ailleurs.

Alors ces élections locales qui se profilent. Est-ce que vous y croyez d’ici l’année 2017 ?

 Je me suis déjà prononcé sur la question plusieurs fois. Moi, je n’y crois pas dans la mesure où on nous disait qu’on va pouvoir tenir les élections locales d’ici la fin 2017, avec quoi ? Avec la paille avec des briques cuites ou avec du sable, ça se fait avec de l’argent. Il y a un budget à faire à cette organisation qui n’est pas encore déterminée, qui n’est pas encore discutée à l’assemblée qui n’est inscrit nulle part dans la loi des finances encore moins dans la loi des finances rectificative. Comment est-ce que vous voulez qu’on croit à la tenue de cette élection communale.

 J’ai porté la même réserve quand à la tenue du procès du 28 Septembre à la fin de 2017. J’ai fait les mêmes remarques sur le budget inscrit qui doit financer parce que même si c’est un financement extérieur, il doit être porté au niveau de la loi de finance mais ce n’est écrit nulle part. Je pense que je suis fondé à dire que ces élections là ne se tiendront pas tout, comme ce procès. Le jour où je verrai cela inscrit au niveau de la loi de finance rectificative je dirai très bien.

Si ces élections ne se tiennent en 2017, à votre avis, quelle devrait être la position de l’opposition ?

Je ne voulais pas anticiper, attendez qu’on se concerte . Nous allons nous concerter et nous allons prendre une décision commune. En ce moment, chacun est libre de communiquer comme il entend. Nous, jusqu’à maintenant, ça doit se tenir et ça devait se tenir. Si ça ne se tient pas mais nous allons essayer de voir qu’est-ce qu’il faut prendre comme disposition.

Ce scénario de décalage électoral peut être même jusqu’à 2024. En 2018 pour les législatives, 2020 pour les présidentielles. Comment vous y analysez cela ?

C’est programmé, c’est la mise en œuvre d’une volonté politique de M. Le président de la république qui ne peut pas tenir des élections maintenant  ou qui ne veut pas tenir des élections maintenant parce qu’il est perdant, il faut se dire la vérité.

Damaro a dit qu’ils vont gagner ?

Qu’est ce que vous voulez que Damaro dise ? Damaro ne peut dire que ça, ils vont gagner, il sait comment ils vont gagner.

Quelle stratégie pour arrêter cette machine électorale que vous connaissez ?

Pour l’arrêter, nous sommes en train de travailler au niveau du parti GRUP. Aujourd’hui, nous pensons que le système électoral biométrique est la meilleure façon de pouvoir rendre la vérité des urnes au peuple de Guinée. Sinon sa volonté a toujours été bafouée. Le jour où on réussira à mettre le système de vote biométrique en place où on aura un électeur un vote, je pense qu’on réussira à contrecarrer la mascarade électorale. Nous avons pratiquement fini la rédaction et tout ce qui est autour comme technique, la tradition théorique en langage informatique tout ça est terminée, la technologie, les dessins technique dans les jours a venir on va proposer ça à nos amis de l’opposition républicaine pour voir.

Une synthèse d’Alpha Amadou Diallo

                                   

Don't have an account yet? Register Now!

Sign in to your account