Dr Hady Barry, membre du RPG/AEC: "les militants ont le droit d'exprimer leur volonté quant aux réformes nécessaires..."

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Le Secrétaire général du ministère des Affaires Etrangères et des Guinéens de l’étranger n’approuve pas la démarche de l’opposition qui vise à reprendre ses manifestations de rue dès la fin du mois de ramadan. Dans cet entretien accordé à notre rédaction, Dr Hady Barry s’est exprimé sur la crise qui mine le parti au pouvoir et de ses relations avec son ministre de tutelle. Par ailleurs, il se dit optimiste quant à la réussite de la possible médiation d’Alpha Condé dans la crise saoudienne et qatarienne.

Le 9 juin dernier 2017, des soldats guinéens ont été victimes d’une attaque à Kidal. Quels sont vos sentiments ?

Ce sont des sentiments de tristesse. Je tiens à présenter mes sincères condoléances du ministère des Affaires étrangères et des Guinéens de l’étranger aux familles de nos disparus. Nous prions pour le repos de leurs âmes. C’est un sentiment de regret pour nous, pour tout le peuple de Guinée parce que nous venons de perdre nos défenseurs de la patrie, des enfants de notre pays qui sont partis défendre notre flamme au nom de la paix, au nom de la liberté, au nom du respect des droits de l’homme.

L’Union Africaine vient de fêter son 54ème anniversaire. Le président de la République est le président en exercice de l’institution. Alors, vous en tant Secrétaire général du ministère des Affaires Etrangères, est-ce que l’UA est en bonne marche ?

Oui ! elle est bonne marche. Je suis très optimiste quant à l’avenir de l’UA. C’est une organisation qui réunit aujourd’hui tous les pays africains où chaque année les leaders du continent africain se retrouvent pour discuter des enjeux colossaux qui intéressent nos peuples. Et avec la présidence de notre leader, le président Alpha Condé, nous sommes en train de procéder à des reformes qui permettront à notre organisation d’être autosuffisante si on peut s’exprimer ainsi.

On doit avoir la possibilité financière nécessaire pour pouvoir répondre aux défis qui nous interpellent. Je pense que l’OUA qui a précédé l’UA a bien mérité parce que l’objectif primordial au début c’était la décolonisation et aujourd’hui l’Afrique est complètement indépendante sur le plan politique. Les leaders africains sont en train de travailler pour que l’Afrique puisse parler d’une seule voix, puisse répondre aux défis qui sont l’indépendance et le développement économique, la lutte contre le terrorisme, le respect des droits de l’homme, la santé, l’éducation, etc.

Même si on a le sentiment que cette organisation n’arrive pas à juguler la souffrance des fléaux qui assaillent les peuples africains, mais l’existence de cette organisation permet au peuple africain de parler d’une seule voix et qu’à la longue, je crois que les peuples africains réussiront à créer un marché commun qui facilitera l’intégration économique et que le commerce intra africain pourra ainsi développer le continent.   

Le président de la République se propose comme médiateur de la crise entre l’Arabie Saoudite et le Qatar. Pensez-vous qu’Alpha Condé sera à la hauteur ?

Je crois qu’il sera à la hauteur parce qu’il a les compétences, la volonté politique et les relations qu’il faut. Vous savez, lorsqu’il y a un conflit, il y a plusieurs paramètres qu’il faut prendre en considération. Il y a d’abord la position des deux acteurs qui sont en conflit, il y a l’enjeu qui les oppose, il y a l’environnement sous régional et international et il y a les intérêts qui sont dedans et puis aussi il y a le médiateur.

Donc, il est certain que rien qu’en se proposant de trouver des solutions à un conflit qui oppose deux peuples frères parce que avant tout ces deux pays ce sont des pays musulmans et la Guinée également est un pays musulman, donc c’est un devoir d’abord religieux pour un musulman quand il y a un conflit entre deux frères musulmans de proposer des solutions pour pouvoir régler le conflit. Donc je pense que le Pr Alpha Condé a tout à fait la carrure nécessaire pour pouvoir faciliter entamer le dialogue. Mais vous savez la résolution d’un conflit n’est pas avec une baguette magique. Il faut beaucoup de rencontre, des va-et-vient.

L’actualité reste dominée en Guinée par les menaces de l’opposition de reprendre ses manifestations de rue. Quel est votre point de vue ?

Je désapprouve complètement cette alternative qui consiste à créer encore une difficulté à la population de Conakry. Je crois que la meilleure façon, c’est de dialoguer. Parce que les sorties dans les rues ont engendré des conséquences qui n’ont jamais été profitables ni pour l’opposition ni pour la mouvance moins pour le peuple de Guinée. Je demande à l’opposition de renoncer à cette forme de revendication et de s’engager dans la discussion et toujours travailler pour la réconciliation nationale pour l’intérêt du pays.

Mais pour l’opposition le problème est que le gouvernement ne respecte pas les accords issus des dialogues ?

Non ! La plupart des engagements qui avaient été signés, ont été respectés. Certes, il y a d’autres qui n’ont pas été respectés, mais il faut éviter de créer des situations qui seront de nature à créer d’autres difficultés supplémentaires qu’on aura encore à résoudre. La construction d’un Etat, d’une nation requiert beaucoup de patience et de sacrifice de la part de ses enfants.

Aujourd’hui, c’est l’intérêt national qu’il faut privilégier et non des victoires ou quelques sièges à l’Assemblée ou bureau qu’il faut chercher. Mais avant tout, il faut travailler pour la paix. Notre pays n’a pas besoin à se plaindre, cela suffit de regarder le monde d’aujourd’hui. Cette stabilité que nous avons n’a pas de prix et il faut qu’on en tienne compte.

Le RPG Arc-en-ciel traverse une crise surtout au niveau de ses cadres. Si cette situation perdure, votre parti ne risque-t-il pas de se retrouver dans l’inertie lors des différentes élections à venir ?

Non ! Je crois que c’est une lecture simpliste. Il y a des contradictions, des revendications dans une institution humaine. C’est quelque chose de normale. Mais de là à penser que cette crise pourrait avoir des conséquences dans les prochaines échéances, je ne le croirais pas. Je pense qu’aujourd’hui si vous regardez en face, vous prenez le principal parti de l'opposition, si vous voyez ce qui se passe là-bas, vous verrez bien que d’après vous, ce n’est pas si mal que les choses ne sont pas aussi terribles, aussi désespérantes chez nous que chez les autres.

En tout état de cause, le RPG est un grand parti de la Guinée. Les militants ont le droit d'exprimer leur préoccupation, leur volonté quant aux reformes nécessaires pour que le parti puisse tenir pour les 50 ans à venir. C'est ce  qui est en train de se faire et c’est ce qui se fera. Je vous donne aux prochains rendez-vous, au soir des élections vous verrez que le parti restera largement majoritaire aussi bien au niveau des locales qu'au niveau des nationales

Que répondez-vous à ceux qui vous accusent avec Bantama Sow de mobiliser des gens en faveur d’un troisième mandat lors de la tournée en vue du Chef de l’Etat au Fouta ?

En Guinée, lorsqu’on est en cours d’arguments, on essaye d’inventer. Je ne vois pas en quoi la volonté de Bantama et de Hady de soutenir le Chef de l’Etat et de soutenir le RPG soit une volonté déguisée, de manifester, de proposer un troisième mandat. Cela n’est pas du tout de notre ressort. Je crois qu’ils n’ont qu’à montrer une vidéo ou un son enregistré ou Bantama ou Hady aurait dit que nous allons organiser ça pour ça.

Maintenant, si c’est de l’imagination, si à chaque fois Bantama et Hady parlent, on traduit ça comme troisième mandat, ils sont libres de dire ce qu’ils pensent. Mais simplement, ils n’ont pas les preuves de ce qu’ils avancent. Je pense que ce qu’il y a lieu de faire pour eux, c’est plutôt de se préparer pour 2020 au lieu d’accuser tel ou tel de vouloir dire ça et non de dire qu’il a dit ça.

Qu’en est-il de vos rapports avec Mme la ministre des Affaires Etrangères Makalé Camara ?

Nos rapports sont au beau fixe. Personne ne peut dire le contraire. Nous travaillons conformément aux dispositions légales qui régissent nos relations. Le Secrétaire général travaille sous l’autorité de Mme le ministre des Affaires étrangères. Le Secrétaire général coordonne tous les aspects techniques des différentes directions qui sont mises sous sa responsabilité. Voilà encore une fois, les gens continuent d’alimenter les polémiques inutiles. Tout se passe très bien entre Mme le ministre et son Secrétaire général.

Votre message à l’endroit des citoyens guinéens ?

Je dirai aux citoyens d’aimer la Guinée pour bannir l’ethnocentrisme, et le régionalisme. La Guinée nous appartient tous. Nous devons la chérir et travailler pour son épanouissement, son développement pour sortir notre pays de la situation actuelle et de le hisser au sommet des pays émergeants. Telle est notre vocation!

Entretien réalisé par Sadjo Diallo

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