Les acteurs du système éducatif guinéen sont divisés sur certains points de réformes proposés par la Commission Nationale de Réflexion sur l’Education (CNRE). Pour preuve, le Pr Amadou Bano Barry, enseignant chercheur à l'Université Général Lansana Conté et le Dr Ousmane Kaba se sont tiraillés sur quelques points notamment la volonté de l'Etat de monopoliser la formation du personnel de l’éducation et de la santé mais aussi la réduction drastique de l’orientation des élèves bacheliers vers les universités privées pendant les trois prochaines années.
Au cours d’un débat contradictoire très houleux dans l'émission "Les grandes gueules" de la radio Espace FM, les deux enseignants du public et du privé se sont parfois lancés des invectives. "Ce qui est le fort chez le Dr Ousmane Kaba, c’est de fabriquer ses propres mots à la place de ce qui sont écrits. Nulle part, ce qu’il vous a dit ici vous l’avez entendu dans le texte", a lancé Bano Barry.
A la question de savoir si la réduction de l’orientation des bacheliers dans les universités privées pendant les trois années à venir est-elle essentielle? Le professeur de sociologue, a indiqué ceci : "aujourd’hui, il y a une discussion qui ne prend pas fin. Une polémique qui consiste à savoir quel est l’effectif des étudiants dans le privé et même dans le public. Personne n’arrive à s’entendre sur les chiffres. On se dit que dans une situation pareille, la première des choses à faire, c’est de normaliser la situation".
"Ce n’est pas parce que vous n’arrivez pas à compter les étudiants qu’il faut fermer les universités privées’’, réplique aussitôt le Dr Kaba. « Personne n’a dit de fermer les universités privées. On a dit de réduire progressivement les orientations", rétorque Bano Barry.
Et d’enfoncer le clou. L’enseignant chercheur a soutenu qu’il n’y a pas des universités privées en Guinée. "Nous n’avons pas en Guinée d’universités privées. Je suis désolé. Nous n'avons que des universités dites privées, l’essentiel de votre financement, les 99,99% de votre financement viennent de l’Etat", persiste le sociologue.
Une déclaration qui a agacé le Dr Ousmane Kaba à tel point qu’il a qualifié les propos de Dr Bano Barry de mensongers. "D’abord tu mens, ce n’est pas vrai, arrête de raconter du n’importe quoi. Les bourses de l’Etat n’ont commencé qu’en 2006, je rappelle que l’université Koffi Annan avait plus de dix ans d’existence et l’essentiel de ses investissements était déjà fait", répond le Dr Kaba.
Et d’ajouter, "depuis que les bourses ont commencé en 2006, il n’y a eu que deux nouveaux bâtiments à l’université Koffi Annan. Donc, c’est une université qui existe avant les bourses. Vous n’allez pas travestir la vérité parce que vous avez envie de parler. Il faut qu’on sache ce qu’on veut, et si on veut se dire la vérité entre nous ou bien on vient ici pour raconter du n’importe quoi. Il ne peut pas parler de mes finances, je ne suis pas d’accord parce que c’est faux. Je dis qu’il raconte du n’importe quoi parce que l’université Koffi Annan a bien existé avant le problème des bourses", rétorque le fondateur de Koffi Annan.
Le Pr Bano a ensuite lancé une pique: "il ne parle que de l'Université Koffi Annan alors que nous nous parlons de tout le système. Je ne parle pas d'homme ni de Koffi Annan".
Ibrahima Hôre Saala BAH
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