"Le Maroc a toujours été au côté de la Guinée", dixit le Dr Ahmed Tidiane Souaré, ancien Premier ministre

Politique

A la veille de l'arrivée en Guinée, du Roi Marocain, Mohamed VI, nous avons rencontré un des nombreux produits de la coopération guinéo-marocaine. Il s'agit bien de Dr Ahmed Tidiane Souaré, l'ancien Premier ministre sous le règne du Général Lansana Conté. Il évoque dans cet entretien l'importance de la coopération entre les deux Etats. Lisez

Vous êtes un des nombreux Guinéens bénéficiaires des Bourse d'études au Maroc. En quelle année avez-vous bénéficié cette bourse? et quels sont vos sentiments?

J'ai bénéficié d'une bourse de formation doctorale au Royaume chérif en 1984 à l'avènement de la deuxième République sous le régime du Général Lansana Conté à la prise du pouvoir.  En ce moment, j'étais professeur, doyen de la Faculté de Géo-mines de Boké.

Le Maroc a été l'un des tout premiers pays à soutenir la Guinée à cette phase de redressement national qui devait naturellement commencer par le secteur éducatif.  Et très rapidement, les autorités de l'époque ont organisé les états généraux de l'éducation.  A l'issue de ce processus dès octobre 1984, des bourses ont été données à dix cadres guinéens pour aller faire le doctorat 3e cycle au Maroc et je faisais partie de ces dix cadres. Evidemment, des bourses avaient été données aussi pour l'enseignement supérieur  et pour la formation professionnelle.

La coopération entre la Guinée et le Maroc se porte au beau fixe avec l'octroi de bourses chaque année. Quel message avez-vous à lancer aux autorités guinéennes pour que la Guinée ait plus de bourses délivrées par le Maroc?

Je ne vais rien demander à l'Etat guinéen particulièrement parce que je sais que les Départements concernés avec la présidence de la République sont attentifs par rapport à la formation de la jeunesse guinéenne. L'octroi des bourses, la demande est là mais tout dépend de la capacité du Maroc à recevoir les Guinéens. Mais, je sais que depuis 1984, le Maroc n'a jamais  renoncé à cette tradition. On peut dire plutôt qu'elle s'est élargie, elle a couvert des domaines très variés parce que j'ai suivi, depuis ans, ce sont des imams par centaine qui sont régulièrement formés au Royaume Chérifien. Donc, le suivi de ce créneau de formation est extrêmement important pour la Guinée. Je rappelle qu'à l'époque, il y avait l'agence spécialisée, l'Agence guinéo-marocaine de coopération qui suivait particulièrement la formation.

Pensez-vous que la formation des Guinéens au Maroc a une incidence sur l'éducation guinéenne?

Bien évidemment! cela apporte l'essentiel à l'éducation guinéenne. Nous avons une association des étudiants guinéens au Maroc (...). Je puis vous dire que ce sont des centaines depuis 1984 jusqu'aujourd'hui dans tous les domaines. La formation au Maroc a produit des cadres de qualité. Je ne sais pas si je suis un cadre de qualité, c'est à vous d'apprécier mais en tout cas, j'ai été Premier ministre, chef de gouvernement, il y a eu des ministres, des secrétaires généraux, des directeurs, des grands responsables d'entreprises, tous formés au Maroc. Je pense que le label marocain est un label internationalement reconnu parce que c'est une formation sereine. Donc avec la multiplication du nombre des Guinéens bénéficiant de bourses du Maroc et leur retour dans le pays pour s'impliquer dans le tissu industriel, social, dans les assurances, les banques, l'administration publique, cela apporte un plus à la Guinée à n'en pas douter.

Un dernier mot par rapport à la coopération guinéo-marocaine

Je vais dire que le Maroc a toujours été au côté de la Guinée. Le Maroc est véritablement un pays frère à notre pays parce que comme je vous l'ai dit depuis 1984,  d'ailleurs bien avant 84, depuis le président Ahmed Sékou Touré, les relations entre la Guinée et le Maroc ont pris des allures de fraternité, de coopération et de respect mutuel. Je rappelle qu'il n'y a pas de visas entre la Guinée et le Maroc depuis sept ans.

Particulièrement, vous voyez  les marques de la coopération guinéo-marocaine: la cité des nations, l'institut supérieur de formation à l'ISKIG, et beaucoup d'autres marques dans tous les domaines. Depuis ces années, la coopération entre les deux pays a été enrichie et diversifiée. Je rappelle donc que le Maroc a toujours été au côté de la Guinée. En 84, il est venu apporter son soutien à la Nouvelle République et puis pendant les agressions rebelles de 2000, le Maroc a été l'un des premiers pays à être au côté de la Guinée. C'est extrêmement important à rappeler.

Pendant la crise Ebola, tout récemment, vous avez suivi que le Maroc a été l'un des pays à continuer à garder le contact aérien avec notre pays. Il a même accepté de délocaliser un match de football important pour la Guinée au Maroc qui était une sorte de paria à l'époque. En plus, le Roi Mohamed VI a dépêché une équipe sanitaire qui a opéré pendant de très longues semaines ici au niveau du palais du peuple. Tout cela montre que le Maroc est un pays ami de la Guinée.

Bien sûr que la Guinée a toujours été aussi à la hauteur de cette coopération puisqu'elle a apporté tous les soutiens au Maroc que cela soit pendant les crises liées au Front Polisario ou à d'autres occasions. Notre pays a toujours été de manière diplomatique forte à côté du Maroc. Et, concours de circonstance, l'histoire  a fait que c'est le président Alpha Condé qui  a accueilli le Maroc à son retour au sein de l'Union africaine.

Je suis sûr que le président à œuvrer dans ce sens. La Guinée a apporté son appui pour que le Maroc rentre dans le concert des nations africaines. Donc, c'est une relation exemplaire qui s'est développée entre les deux pays.

Entretien réalisé par Amadou Kendessa Diallo pour le journal Horoya

Don't have an account yet? Register Now!

Sign in to your account