Crise du système éducatif en Guinée : une structure de la société civile s'insurge contre les autorités

Société Civile

Malgré le protocole d’accord signé entre le gouvernement et l’intersyndicale de l’éducation, les réactions sur les tares de l’éducation guinéenne se multiplient. C’est le cas du forum Civil Guinéen (FCG),  qui a, à travers un point de presse tenu ce mardi 21 février 2017, flingué l’Etat sur la crise qui secoue le système éducatif guinéen.

D’entrée, le président du Forum Civil Guinéen, Ibrahima Balaya Diallo, a condamné les violences survenues lundi 20 févier 2017, dans la capitale Conakry avant de revenir sur la crise qui a paralysé tout le système éducatif guinéen.  Par rapport au protocole d'accord signé entre les deux parties, il a exprimé tout scepticisme.

 « Moi, je ne saluerai pas l’accord qui est intervenu entre le gouvernement et les syndicats. Parce que j’ai eu la langue avec un certain nombre de syndicalistes qui me disent que c’est un faux-fuyant (défaite). Et que ce qui a été signé n’engage que ceux qui ont signé. Cela veut dire que la crise est là pendante », déplore le président du FCG.

Ibrahima Balaya Diallo dira que la crise du système éducatif est un problème entier. Mais selon lui, « le Président de la République devrait commencer par démettre de ses fonctions ces trois ministres en charge de l’éducation qui ont atteint leurs limites. Ils ne peuvent plus gérer l’éducation nationale ».

Pour le président du Forum Civil Guinéen, l’éducation est une question de stratégies mais il estime que depuis 2011 rien n’a changé dans le système éducatif guinéen. « Ce que nous avons  de plus enregistré, c’est la prolifération des universités alors que nous n’avons pas beaucoup d’enseignants qualifiés pour les universités. On a plus de 40 universités », fustige l’acteur de la société civile. 

Au vu de ce qui se passe dans le système éducatif guinéen, Ibrahima Balaya exprime sa crainte en ses termes : « aujourd’hui, le problème c’est qu’en Guinée, on risque dans deux ou trois générations de ne pas pouvoir compétir avec les autres pays. Et pourtant, on est dans un monde de compétition, de néolibéral ou le vainqueur rafle la mise. On doit se lever pour que nos enfants soient parmi les élites du monde pas seulement des élites guinéennes. Mais aujourd’hui, nous n’en ferons pas le chemin parce que tout a été  dévoué dans le but de défendre les intérêts personnels ».

Par la même occasion, M. Balaya a dénoncé la corruption qui mine le système éducatif guinéen.

« On se rappelle avec le ministre de l’enseignement pré-universitaires qui faisait des budgets de 100 milliards pour organiser les examens après il a fallu de 41 milliards GNF. Il y avait une plus-value de plus de 50 milliards  GNF où est passé cet argent. C’est de la corruption la gabegie et la fabrication d’oligarchie qui  frustrent le peuple aujourd’hui », soutient-il.  

Toujours dans ses dénonciations, l’activiste de la société civile a réfuté les allégations comme quoi il y a eu de l’instrumentalisation des manifestations pour la réouverture des classes.

« Dépolitisons ce qui se passe actuellement dans notre pays parce qu’on veut dire qu’il  y’a de mains noires qui sont derrière mais c’est faux. Il n’y a pas d’instrumentalisation dans cette affaire. Aujourd’hui, l’éducation est en déroute parce que nous avons mis des personnes incapables qui ne savent rien régler et si nous nous laissons faire demain nous allons en tirer les conséquences parce que si nous n’avons pas une jeunesse éduquée nous fabriquons des délinquants », lance Ibrahima Balaya Diallo.  

Ibrahima Hôre Saala BAH

+224 664 64 48 95

 

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