Education: le Dr Ousmane Kaba explique les maux du secteur

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Le président du Parti des Démocrates pour l'Espoir -Padès- s'est exprimé sur la situation de l'Education en Guinée. Depuis près de deux semaines, les cours sont suspendus dans les établissements publics et privés du pays par les ministres en charge de ce secteur.  Comment Ousmane Kaba voit-il cette situation d'impasse?

La suspension des cours sur initiative des ministres de l'Enseignement pré-universitaire et de la Formation professionnelle suite à une grève du syndicat des enseignants n'est pas bien vue par le président du Padès, le Dr Ousmane Kaba. Interrogé sur  la situation de l'éducation qui prévaut actuellement en Guinée, lundi 12 février 2017 par nos confrères d'Espace fm,  il a déclaré que c'est le résultat de "l'improvisation" de nos gouvernants.

Il ajoute que "c'est l'amateurisme au sommet. Imaginez des ministres de l'éducation, au lieu de faire des réformes pendant les vacances pour redéployer les enseignants [dans les écoles] pour qu'à la rentrée tout se passe bien, ils (les ministres, ndlr) se réveillent en pleine année scolaire pour faire des modifications avec des classes vides".

Le Dr Ousmane Kaba ne trouve pas fondées les accusations contre les enseignants contractuels car, estime-t-il, "si les enseignants ne sont pas  compétents, ils sont là depuis des années. Ce que j'ai dit la méthode est un désastre. Je condamne le timing et non le test".

Pour ce qui est de la dénonciation de fraude liée à l'organisation du concours de recrutement, l'ancien président de la Commission Economie et Finances se réserve le droit d'accuser qui que ce soit parce qu'il ne dispose pas d'éléments matériels.

Cependant, avec la situation de l'éducation actuelle en Guinée, le fondateur de Koffi Annan prévient: "un pays qui ne met l'accent sur l'éducation dans tous ses compartiments est un pays condamné à végéter dans la pauvreté".

Quelle solution pour l'éducation en Guinée?

Pour le Dr Kaba, il n'y a pas à passer par mille chemins. Les réformes doivent être effectuées à la base et non au sommet.  "Il y a beaucoup de difficultés dans l'éducation. Mais, si vous me demandez,  je dirai le problème plus urgent, c'est le problème de l'enseignement primaire parce que c'est la base et c'est là qu'on a effectivement des problèmes", note-t-il en fin connaisseur de ce domaine étant enseignant de profession.

Selon lui, "la Guinée est victime de beaucoup de réformes improvisées  par le passé qui se sont répercutées par la faiblesse de niveau au cycle primaire. Et ça c'est un gros problème".

Ce n'est pas le seul problème décelé par le fondateur de l'une des plus grandes universités du pays. Il martèle, contrairement à l'idée répandue, que l'enseignement privé en Guinée n'est pas cher. Pour preuve, il dira que "dans le budget de 2017, le ministère de l'Enseignement Supérieur est de 914 milliards GNF. Dans cette somme, le secteur privé a moins de 300 milliards soit moins du tiers. Le privé n'est pas cher.  Le tarif dans les universités privées, c'est 500 dollars en Guinée, au Maroc c'est 4 000 dollars, 15 000 ou 20 000 dollars aux USA".

Mais le paradoxe dans tout cela, explique le Dr Kaba, l'élite guinéenne amène ses enfants à l'extérieur pour étudier tuant ainsi "l'éducation chez nous" parce que n'encadrant pas les bonnes universités de la place.  Elle ne fait rien encore "pour l'université publique".

Amadou Kendessa Diallo

+224 664 24 54 78

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