Se rendre justice en Guinée est devenu une pratique courante. C'est pour cela, le Conseil National des Femmes du Bloc Libéral a, à travers une lettre ouverte adressée au Président Alpha Condé, exprimé son indignation face aux différents cas de vindicte populaire constatée ces derniers temps dans le pays. Cette déclaration a été rendue publique ce mercredi 11 janvier 2017.
Dans cette déclaration, le Conseil National des Femmes du Bloc Libéral (BL)a par la voix de Mme Bangoura Roughiatou Bah, indiqué que des reformes ont été engagées dans certains départements clés du pays. Mais pour ces femmes, les résultats de ces reformes engagées dans les secteurs vitaux du pays sont loin de répondre aux aspirations du peuple.
« Le conseil national des femmes du Bloc Libéral constate avec un profond regret et une grande amertume, l’usage de la justice populaire par les citoyens. Au cours de ces deux dernières années, nous avons assisté à la montée en puissance de ce phénomène dans plusieurs localités du territoire national. Les cas de Siguiri, de Nzérékoré, de Kissidougou en sont les illustrations les plus éloquentes », dénonce les femmes du BL.
Poursuivant, le conseil national des femmes du BL a déclaré que la justice populaire qui est le stade suprême de la cruauté humaine n’a pas sa place dans un Etat de Droit. C’est pourquoi, précisent les femmes du BL, « le recours à cette pratique résulte de la défaillance tant bien de notre système judiciaire que sécuritaire. Cette pratique est en violation flagrante de la Constitution guinéenne, notamment en son article 9 qui consacre la présomption d’innocence, et elle contribue à fragiliser les institutions républicaines ».
« Le recours à cette pratique nous rappelle l’une de vos déclarations en 2010 à savoir ‘’j’ai hérité d’u pays et non d’un Etat’’. Cette déclaration qui avait suscité tant d’espoir chez les Guinéens, n’a existé que dans les fantasmes. Nous sommes donc au regret de constater que jusqu’à ce jour, l’Etat n’existe pratiquement pas », a indiqué les femmes dans leur déclaration.
Face à cette situation alarmante, le conseil national des femmes du BL a exhorté le président Alpha Condé de prendre en considération leur cri de cœur en faisant en sorte que justice soit rendue sur ses actes. « Nous vous exhortons d’instruire vos ministres de la justice et de la sécurité de mettre tout en œuvre pour qu’il y ait une justice équitable et efficace, de lutter contre la corruption, le favoritisme, la médiocrité dans le secteur de la justice et de la sécurité », recommande-t-elles.
Et de tout « mettre tout en œuvre pour garantir la sécurité de nos compatriotes et de leurs biens sur toute l’étendue du territoire, éviter le recours à l’instinct et professionnaliser les agents de maintien d’ordre et des services de sécurité pour légitimer leur action dans le souci de préserver la quiétude sociale ».
Ibrahima Hôre Saala BAH
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