Le projet du code électoral issu du dialogue politique inter-guinéen fait toujours débat dans les QG des partis politiques après le report en février de son examen. Le chef de file de l'opposition accuse la mouvance présidentielle d'être responsable du retard accusé. Ce n'est pas tout. Cellou Dalein pointe aussi un doigt accusateur à la mouvance sur la suppression des candidatures indépendantes.
Ce samedi 7 janvier 2017, lors de l’assemblée générale de son parti, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée a expliqué à ses militants ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale lors de l’examen du projet du code électoral.
"Certains membres de la mouvance ont voulu revenir sur la désignation des chefs de quartiers par les autorités administratives. Ils ont voulu contester le consensus. Mais ce problème a été vite réglé par le président Alpha Condé qui aurait instruit aux députés de son parti de se conformer à l’accord politique du 12 octobre", a déclaré le chef de file de l'opposition.
Poursuivant, explique-t-il: "il faut rétablir les faits. A l’époque, j’ai échangé avec le président de la République. Il a ordonné d’appliquer strictement la décision du dialogue. Après cette étape, il n’y avait plus de conflits. Le projet du code électoral était tout prêt reflétant fidèlement le consensus qui s’est dégagé lors du dialogue".
Mais, pour Cellou Dalein, la majorité a voulu changer la donne en suggérant d'autres idées. "A la dernière minute, les députés de la mouvance proposent des amendements qui changent les modalités de compositions des conseils communaux. Ils ont d’abord dit qu’il faut supprimer les listes indépendantes. L’UFDG ne défend pas que ses intérêts. Nous défendons la démocratie et le sens du partage. Nous avons dit qu’il n’est pas question de supprimer les listes indépendantes au niveau des élections locales, parce que dans certains pays, il y a même des candidatures indépendantes au niveau des élections législatives. Ils ont renoncé à cet amendement", proteste le président de l'UFDG.
Confrontée à la résistance de l'UFDG face à cette idée, la mouvance, selon lui, a trouvé un autre point de blocage à savoir l'application du "système majoritaire" dans "la composition des conseils communaux. C’est-à-dire que le parti qui arrive premier ramasse tous les postes de conseillers et que les autres soient exclus même si le suffrage universel leur a donné des conseillers"
Pour Cellou Dalein et sa troupe, ce n'est pas "démocratique. Le code électoral en vigueur a décidé que les conseils communaux seront composés à la lumière des résultats obtenus par chaque liste. Si une liste a deux conseillers, elle aura ses deux conseillers".
Après tous ces blocages, l'opinion publique se demande à quand la fin de ce perpétuel recommencement au sein de la classe politique guinéenne.
Fanta Bah