Le consultant sportif, Thierno Saïdou Diakité, est parmi les rares Guinéens qui ont fait de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations une priorité. Depuis la désignation de la Guinée comme pays hôte de la Coupe d’Afrique des Nation (CAN 2023), il a multiplié les plaidoyers pour la mise en place du Comité d'Organisation de la CAN -COCAN. Aujourd'hui, c'est chose faite. Thierno Saïdou Diakité est, dans un entretien accordé à votre quotidien en ligne, revenu sur le décret portant nomination des membres du COCAN, son absence sur la liste des membres de ce comité, son avis sur la qualité des membres qui le compose. Lisez….
Le jourguinee.com : Vous êtes parmi les personnes qui ont alerté les autorités sur l’importance de la mise en place du COCAN. Aujourd’hui, c'est chose faite avec la publication du décret nommant les membres de ce comité. Quelles sont vos sentiments ?
Thierno Saïdou Diakité : j’ai un réel sentiment de satisfaction, parce que chaque fois que l’autorité prend un acte dans la mise en place du COCAN, ça nous rapproche des préparatifs de la compétition. Nous avons alerté en son temps, en organisant des conférences de presse et réalisant des interviews avec certains organes de presse. Dieu merci, en octobre, le président [Alpha Condé, ndlr]a signé le décret de mise en place et les attributions du COCAN et le 2 janvier 2017, il a signé le décret de nomination des membres du comité de pilotage du COCAN. Sur cette même lancé nous souhaiterions que le Premier ministre signe l’arrêté portant nomination des membres des onze (11) commissions spécialisés. Une fois que cet acte est pris, le COCAN est maintenant opérationnel et les préparatifs peuvent valablement commencer.
Malgré votre combat pour l’organisation de la CAN en Guinée, vous n’êtes pas membre du comité de pilotage du COCAN. Qu’en dites-vous ?
J’ai eu beaucoup d’appels pas seulement de la part de la presse sportive, des citoyens qui m’ont exprimé leur surprise, leur désappointement. Moi, je les ai calmés, j’ai dit que ce n’est pas nécessaire que je sois membre du COCAN. Peut être j’aurai pu l’être en guise de reconnaissance. Mais l’essentiel est que la machine se mette en route et qu’on puisse réussir cette compétition. Moi, c’est mon souci. Je persiste et signe encore moralement je suis satisfait et si je ne suis pas pris je n’en ferai pas un problème même si beaucoup des personnes sont choquées et révoltées. Il faut reconnaitre mais c’est un peu ça ma position.
Que répondriez-vous à certains observateurs qui estiment que Thierno Saïdou Diakité, devrait être membre de ce comité ?
C’est une question qu’on me pose à tout moment, mais moi, je leur ai dit que j’ai une philosophie. C’est une contribution citoyenne que je fais depuis 1994 pour mon pays. Je n’ai pas d’argent à donner à la Guinée, mais j’ai eu des idées que j’ai mis à la disposition de nos décideurs parce que je suis un citoyen et je ne décide pas. Dieu merci, il a fallu l’avènement de la troisième république, pour que notre dossier de candidature soit formalisée par l’envoi d’une lettre de garantie au temps de Bantama Sow alors ministre de la Jeunesse et des Sports en 2011 au siège de la CAF.
Dieu merci, notre pays a été choisi. Moi je me dis, qu’il y a 12 millions de Guinéens, sur ceux, six (6) millions de Guinéens peuvent valablement faire quelque chose pour notre pays. Il n’est pas nécessaire que je sois membre de ce comité. Déjà, c’est grâce à ma persévérance, ma ténacité que nous sommes aujourd’hui pays organisateur. Moi, je remercie le Bon Dieu après 20 ans de combat et de mon vivant, la Guinée est candidate pour l’organisation de la CAN. Donc je pense que ma mission est accomplie. Il revient maintenant aux autorités de voir si je peux encore servir de quelque manière que ce soit. De toutes les façons, je suis à la disposition de mon pays.
D’autres craignent aujourd'hui que vous vous ne fassiez marche arrière sur votre combat...
Je vais continuer à émettre mes idées parce que je crois que l’affaire de la Coupe d’Afrique en Guinée c’est l’affaire de tous les Guinéens pas l’affaire du Président, ni du Premier ministre, ni du ministre des Sports, encore moins d'Antonio Souaré, le président du comité de pilotage. C’est l’affaire des 12 millions des Guinéens. Chacun doit faire en sorte que là où il est dans la mesure possible qu’en 2023 la plus belle Coupe d’Afrique des Nations soit organisée en Guinée. Moi, c’est mon objectif, donc je vais continuer à contribuer. Je ne me sens pas à l’écart, j’en fais mon affaire.
Au lendemain de la publication du décret de mise en place du COCAN, vous avez insisté sur la qualité des personnes qui doivent constituer ce Comité. Selon vous, est-ce que ces membres choisis ont les qualités que vous avez demandées?
Vous savez, le choix des membres du comité de pilotage a été laissé à la discrétion du Président de la République parce que le comité relève directement de l’autorité du chef de l’Etat. A mon humble avis, je pense qu’il a dignement réfléchi et que son choix est judicieux. Mais, vous savez que les hommes sont ce qu’ils sont. Je pense qu’il faut attendre que le COCAN entre en fonction. Nous allons voir les premiers actes posés, si ça peut nous rassurer ou pas quand à tenir le délai et à satisfaire le cahier de charge de la CAF.
Quelle analyse faites-vous des spéculations de certains observateurs qui vont jusqu’à prédire des conflits de compétence entre les membres de ce comité de pilotage ?
C’est vrai. Certains m’ont dit attention ils sont tous des investisseurs au moment des dépouillements il se peut qu’il y’ait des conflits d’intérêt. Chacune de ses personnes voudra que sa société ou ses sociétés aient la part des marchés. Je dis bon de toutes les façons, il y’a une autorité de régulation des marchés publics, il reviendra à cette structure de faire en sorte qu’il n'y ait pas des marchés de gré à gré. Des appels d’offre seront lancés et les plus qualifiés auront l’attribution de ces marchés. Moi je souhaite qu’ils s’entendent, parce qu’il ne faut pas que ce qui est arrivé à la Fédération guinéenne de football arrive au COCAN.
Pour des intérêts personnels, le football guinéen a été quelque peu pénalisé. Donc je souhaite que nos compatriotes mettent en sourdine leurs intérêts personnels mais qu’ils visent l’intérêt supérieur de la nation. Parce que l’image de marque et la crédibilité du pays est en jeu vis-à-vis de la CAF et du monde entier.
Selon vous quel sera la première priorité de ce comité ?
Une fois que le comité soit opérationnel, c’est de concevoir le chronogramme, la feuille se route, un plan d’actions. Quelles sont les actions prioritaires à mener par exemple en 2017, 2018, 2019 ainsi de suite. Je pense que si la feuille de route est bien conçue, le chronogramme bien élaboré et bien suivi avec les moyens, on pourra réussir et être dans le délai vis-à-vis de la CAF.
Vous tenez à ce qu’on organise des compétitions intermédiaires. Vu le retard accusé dans la mise en place du comité, pensez-vous que cela est-il nécessaire ?
Mes idées sont précises là-dessus. On ne peut pas rester comme ça jusqu’à 2023 sans organiser une compétition intermédiaire. Vous me donnez même l’opportunité de dévoiler un peu ce que je veux révéler dans quelques jours. Je vais proposer à ce qu’on organise par exemple une édition de la coupe Cabral qui depuis 2010 ne se joue pas. En 2010, ça devait avoir lieu en Mauritanie à cause d’une instabilité politique, la compétition a été arrêtée.
Si la CAN junior ou cadet est un peu plus contraignante, on peut organiser la coupe Cabral qui va servir d’une compétition teste pour voir déjà quelles sont les infrastructures qui sont aptes à recevoir les compétitions. Ça va nous permettre de procéder à une répétition générale avant la grande Coupe d’Afrique des Nations. C’est ça mon objectif et je vais proposer aux autorités d’organiser une édition de la Coupe Cabral.
Quel est votre mot de la fin ?
C’est de vous remercier pour l’accompagnement dont je témoigne, je bénéficie de votre part, parce que si l’idée a fait son chemin c’est grâce à la contribution des organes de presse tous médias confondus. Que ça soit la presse écrite, la presse en ligne ou l’audio visuel, donc vous m’avez accompagné et vous avez cru à mes idées. Donc c’est à moi de vous remercier parce que ma voix seule ne peut pas porter auprès de l’opinion publique et des décideurs. C’est grâce aux médias que le résultat est obtenu et je pense que c’est une victoire à nous tous et à la presse sportive. C’est comme ça que je le conçois.
Entretient réalisé par Ibrahima Hôre Saala BAH
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