Le chef de file de l'opposition guinéenne a avoué le 31 décembre dernier que l'année 2016 a été difficile. C'était à l'occasion de son adresse de vœux à la nation à la veille du nouvel an. Cellou Dalein a dénoncé aussi la corruption, les marchés de gré à gré, bref la mauvaise gouvernance économique
A cette occasion, Cellou Dalein Diallo a, premièrement, eu une pensée pieuse aux victimes des "manifestations politiques, de l'injustice sociale, de l’insécurité, des accidents mortels de la route, de la corruption à petite et grande échelle, des erreurs médicales, d’Ebola et de la mauvaise gouvernance". Selon lui, ce sont ces maux qui sont à la base de "bien des déboires que traverse notre pays".
En ce qui concerne la presse, le président de l'Union des forces démocratiques de Guinée -UFDG- a déclaré que "la démocratie a besoin d’une presse courageuse portant les marques de la liberté, de l’objectivité et de la critique". Dans cette adresse à la nation et à ses militants, l'opposant appelle à "une presse consciente de son rôle dans la construction de [la] démocratie".
A cet, M. Diallo a eu une "pensée particulière pour Mohamed Koula Diallo" assassiné aux abords du siège de son parti, le 5 février 2016. A côté de ce dernier, tué dans l'exercice de sa mission, il a rappelé le cas du "journaliste Cherif Diallo porté disparu depuis plus d’un an et demi. Je m’associe à la détresse de sa famille et de celle de ses collègues du groupe HADAFO Médias".
Pour les femmes, le président de l'UFDG souhaite "qu’elles se voient accorder une place à la hauteur du rôle fondamental qu’elles jouent dans la vie de la nation". Quant à la jeunesse guinéenne, Cellou Dalein a déploré le fait que son rêve soit brisé par "des années d’enseignement bâclé, des programmes mal ficelés, des années de démagogie et de mauvaise gouvernance" la poussant à l'exil. "Pour cette jeunesse, le seul espoir de s’en sortir est celui de braver le désert et la méditerranée, de partir loin de la précarité qui la retient en otage", déplore-t-il. Pour lui, "cette jeunesse, par la diversité de ses origines et de ses conditions, est le levier du rassemblement national et de la réconciliation dont nous avons besoin".
Cellou Dalein reconnaît que l'année 2016 a été aussi "une année difficile pour nos compatriotes confrontés à la cherté de la vie, à l’insécurité et aux difficultés d’accès aux services sociaux les plus élémentaires". "Aucune région n’est épargnée. Qu’il s’agisse de la Basse- Guinée, de la Moyenne guinée, de la Haute-Guinée et de la Guinée-forestière, nous sommes tous logés à la même enseigne face à la pauvreté qui va crescendo, au chômage massif, à l’insécurité galopante, à l’absence criarde de perspectives pour nos jeunes, à la corruption généralisée, à l’état de déliquescence de notre administration, de nos routes, de nos écoles et de nos hôpitaux", poursuit-il.
Malgré tout, le leader de l'UFDG estime que "cette situation (...) n'est pas une fatalité" mais plutôt "le résultat de la mauvaise gouvernance et d’un manque de solidarité avec les plus vulnérables".
Comme dans ses récentes sorties, le chef de file de l'opposition n'a pas manqué de dénoncer "l’état calamiteux de nos infrastructures notamment les hôpitaux, les universités et les routes" qui, selon lui "la conséquence de la corruption", le [cancer] de l'Etat guinéen.
Plus loin, l'ancien Premier ministre a dénoncé la corruption dans le secteur des mines, les marchés de gré à gré bref la mauvaise gouvernance économique. Qui, à l'en croire, "constitue un réel danger pour l’avenir de notre pays en ce sens qu’elle conduit à l’effritement progressif de la confiance des citoyens vis-à-vis de l’Etat et de nos institutions".
C'est ainsi, dira-t-il, son parti et ses alliés de l'opposition républicaine se battent et se battront "pour l’instauration d’un Etat de droit et d’une véritable démocratie en Guinée". Une occasion de rendre hommage à tous les militants et citoyens qui se battent comme eux.
Revenant sur les accords décriés du 12 octobre dernier, Cellou Dalein persiste et signe que "l’UFDG l’a signé en toute responsabilité" parce que "convaincu que c’est par le dialogue que les fils de ce pays peuvent aplanir leurs divergences pour préserver la paix et relever les nombreux défis auxquels le pays est confronté".
En fin, pense le chef de file de l'opposition "les forces de l’espoir s’imposent toujours aux forces de l’abandon".
Amadou Kendessa Diallo
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