Le gouverneur de la Banque Centrale de la République de Guinée a animé, ce vendredi après-midi, une conférence de presse autour de sa réunion avec les agents du système bancaire guinéen axée sur le management du système bancaire guinéen. Objectif, discuter de la problématique du taux de change. Que révèle-t-il?
Sans surprise, Louceny Nabé a reconnu que le franc guinéen est confronté à une grande dépréciation due à une "cause conjoncturelle". "Ces dernières semaines, nous avons constaté une certaine appréciation du dollar par rapport au franc guinéen et par conséquence une dépréciation du franc guinéen où il est prioritairement coté", affirme le gouverneur de la BCRG. Afin de pallier cette situation aux risques dramatiques sur les réserves de change de la nation, une réunion s'est tenue pour discuter avec les tenants et les aboutissants, selon ses propres termes.
Pour Louceny Nabé, la "cause fondamentale" de la dépréciation du franc guinéen et "l'appréciation du dollar" sur le marché international est "purement conjoncturelle. Elle est due à la baisse brutale des cours de l'or sur le marché international" car, cette matière première, très prisée avant, "est passée brusquement de 1300 et quelques dollars l'once à moins de 950 dollars aujourd'hui". C'est ce qui fait qu'en "pareil cas, le dollar devient une monnaie de refuge donc très prisé".
Le patron de la BCRG a aussi indiqué que "l'évolution économique des Etats-Unis dont les taux d'intérêt commencent à bouger vers le haut par rapport à d'autres parties du monde" en est pour quelque chose.
"Je dois dire que quand des telles distorsions se présentent en ce moment, elles ont tendance à se prolonger au-delà de ce que permettent les fondamentaux de l'économie", explique-t-il
A en croire M. Nabé, malgré tout, les fondamentaux de l'économie guinéenne sont bons. "En fin septembre 2016, justifie-il, les réserves de changes de la nation pouvaient couvrir à peine trois mois d'importations. Aujourd'hui, les réserves couvrent 3,8 mois d'importations c'est-à-dire près de quatre mois d'importations contrairement à un objectif de trois mois. Donc, les réserves de changes de la nation se sont améliorées".
Il a promis, enfin, un soutien sans faille aux banques primaires pour aider les opérateurs économiques et investisseurs privés à importer les denrées de première nécessité pour les besoins des populations.
Amadou Kendessa Diallo
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