L'humanité a célébré ce 9 décembre la journée internationale de la lutte contre la corruption. En Guinée, c'est connu de tous, le phénomène a pris une ampleur inquiétante. L'Agence nationale de lutte contre la corruption -ANLC- chargée de combattre le phénomène manque cruellement de moyens et reste le parent pauvre du gouvernement dont certains membres sont imbibés d'affaires louches.
D'ailleurs, le classement de la Guinée par Transparency International illustre à juste titre l'étendue du phénomène. Elle occupe la 139e place sur 167 pays au monde et en Afrique, le pays d'Alpha Condé est au 37e rang sur 52 Etats.
L'impunité et le laxisme des gouvernants en sont les principales causes de l'ampleur de la corruption en Guinée. Les hauts dignitaires échappent très souvent à la justice et logent leurs fonds dans des paradis fiscaux à l'étranger.
Pour preuve, un ancien ministre guinéen en l'occurrence Mahmoud Thiam, vient de tomber dans les filets du FBI. Il est accusé de "corruption et de blanchiment d'argent". Il attend, très prochainement, une comparution devant un tribunal fédéral pour répondre à ces accusations parce que naturellement, M. Thiam, dispose de la citoyenneté américaine.
Dans un communiqué publié le 9 décembre, l'Ong Action Mines Guinée -AMINES- a dénoncé "la multiplication des scandales de corruption dans le secteur [mines, ndlr] incriminant des cadres au sommet de l'Etat guinéen"
"Action Mines Guinée a appris avec consternation la recrudescence des scandales de Corruption que vit actuellement le secteur Minier guinéen. Cette situation confirme la persistance de la mal gouvernance", indique le communiqué. L'ong avait rappelé que même la présidence de la Républicaine est soupçonnée de pratique de corruption. D'ailleurs, la chaîne française a fait des graves révélations sur des proches du président Alpha Condé
Action Mines Guinée rapporte que le secteur minier est le plus touché. En témoigne, selon elle, les scandales qui "collent à la peau des dirigeants du secteur minier guinéen, devenu une vache laitière par excellence". L'Ong cite pêle-mêle l'affaire Sable Mining, l'implication des cadres de Rio Tinto cités dans des affaires illicites, l'affaire Palladinho, les Fonds Spéculatifs Américains OSCH-ZIFF.
De ce fait, Amines Guinée déplore le silence injustifié de la justice guinéenne, l'indifférence totale et la banalisation des multiples affaires de corruption par le gouvernement et les institutions de l’Etat notamment l’assemblée Nationale et la passivité de la société civile.
Enfin, disons-le, France24 disait le 9 décembre dernier que des "soupçons de corruption autour de juteux contrats miniers en Guinée se multiplient. À la mi-novembre, le géant minier anglo-australien Rio Tinto admet avoir payé une commission à un proche du président Alpha Condé pour obtenir gain de cause sur le gisement géant de Simandou". Mais ajoute le média, "le président guinéen nie toute malversation et affirme n’avoir pas été au courant que son conseiller, le banquier français François de Combret était rémunéré par Rio Tinto".
Pour mettre fin à ce phénomène de corruption dans le secteur minier guinéen, dont l'apport au niveau des recettes publiques est incontestable, il faut la promotion d'une vraie politique de bonne gouvernance. Qui passe nécessairement par la lutte contre l'impunité
Amadou Kendessa Diallo
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