Accord du 12 octobre: l'opposition donne un ultimatum au gouvernement

Politique

Réunie mercredi, l'opposition guinéenne s'est dite "désagréablement surprise" de la mauvaise foi des autorités gouvernementales. Ces dernières ont volontairement omis, certains points de l'accord politique inter guinéen obtenu à l'arrachée. Cet accord a été récemment déposé par l'exécutif à l'Assemblée nationale pour amendement.

 Alors que cet accord obtenu continue de susciter des polémiques au sein de la classe politique, le pouvoir de Conakry vient en rajouter d'autres. C'est ce que les partis favorables à cet accord  assez controversé sont montés au créneau pour fustiger la modification de certains points avant même  le dépôt du projet pour amendement à l'Assemblée nationale.

Ainsi, en prélude aux élections communales, un projet de code électoral, un projet de code des collectivités et un projet de loi organique portant sur la haute autorité des collectivités locales ont été introduits à l'assemblée nationale.

Contrairement à ses attentes, l'opposition découvre des failles au niveau du code électoral et celui des collectivités locales. Pour cela, le porte-parole de l'opposition, Aboubacar Sylla est très amer: "nous avons examiné tous ces documents et nous avons été désagréablement surpris de constater au niveau du code électoral et de celui des collectivités locales, il n’est nulle part prévu l’organisation d’élections au niveau du conseil du quartier et du district, que ce soit de élections directes ou indirectes. On a même ramené ces collectivités au rang d’unités administratives devant faire l’objet de désignation par un acte réglementaire".

Dans ce cas de figure, l'opposition par son porte-parole que c'est une violation flagrante de l'accord du 12 octobre dernier. "Les présidents de districts et les chefs de quartiers seront purement et simplement nommés par l’autorité administrative. Nous avons dit qu’il s’agit là d’une violation flagrante de l’accord du 12 octobre 2016. Nous avons dit que nous n’accepterons pas cela".

Pour ne pas mettre de l'huile sur le feu, le ministre de l'Administration du territoire et de la Décentralisation. Bouréma Condé a promis à l'opposition, aux dires de son porte-parole,  "de transmettre au niveau de l’Assemblée une nouvelle version" "conforme  au consensus obtenu lors du dialogue".

L'opposition a pris "acte de cette décision du gouvernement". "Mais, [elle] non pas un toilettage ou des additifs qu’on pourrait envoyer à l’Assemblée. Nous exigeons que les 114 documents qui ont été transmis à l’assemblée soient intégralement retirés et remplacés par une nouvelle version du code électoral et du code des collectivités locales".

Faute de quoi, l'opposition républicaine compte prendre "immédiatement les décisions nécessaires" en refusant temporairement "toute collaboration" et toute "participation au niveau du comité de suivi et de planifier des manifestations sur les places publiques".

Enfin, elle interpelle le Chef de l'Etat qui s'était personnellement engagé, le 1er septembre lors de la réception du Chef de file de l'opposition à Sékhoutoureya, Cellou Dalein Diallo, de veiller " au respect de toutes les dispositions de l’accord".

Fanta Bah

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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