Retrait de certains Etats africains de la CPI: Bah Oury dénonce une dynamique inquiétante pour l'avenir des droits de l'homme

Société Civile

Le retrait de certains pays africains de la Cour pénale internationale -CPI- n'est pas du goût de tous les Africains. Bah Oury, l'ancien vice-président de l'Union des forces démocratiques de la Guinée -UFDG- dénonce une montée du populisme au niveau de certains Etats africains.

A l'occasion de la commémoration  de l'an de la disparition du fondateur de l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'homme -OGDH-, Thierno Madjou Sow,  tenue hier à Conakry, l'ancien exilé politique n'a pas manqué de souligner que:

"le populisme est en train de se développer. Des Etats africains sont en train de se dire pourquoi être au niveau de la Cour Pénale Internationale. Certains sont en train de se retirer comme l’Afrique du Sud, le Burundi et la Gambie. Ce sont des dynamiques qui sont inquiétantes pour l’avenir des droits de l’Homme et de la démocratie surtout dans le continent africain.

Si on regarde ce qui se passe en Afrique, les violations massives des droits de l’homme sont extrêmement importantes;  la mort s’est banalisée. Les enfants qui essaient de traverser le Sahara et qui arrivent au niveau de la Méditerranée, il y a des forces qui n’hésitent pas à bousculer leur chaloupe pour qu’ils chavirent et qu’ils meurent.

Tout cela doit nous interpeller et nous poser la question des droits de l’homme, car les droits de l’homme, ce n’est plus un Etat qui peut seulement être la cause des violentions, il y a beaucoup de forces, des pratiques qui peuvent aller à l’encontre des Droits de l’Homme".

Membre fondateur de l'OGDH-Guinée, Bah Oury a rappelé à cette conférence que "le 24 novembre 1990, un jeune étudiant, Sékou Traoré, a été abattu à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry par les forces de l’ordre. L’une des premières actions publiques de l’OGDH est que le 25 novembre 1990, nous avions appelé à une manifestation de protestation contre l’utilisation des armes à feu contre les manifestants pacifiques".

En organisant cette manifestation, se rappelle-t-il, "le Docteur Thierno Madjou Sow (défunt président de l'OGDH), moi-même et d’autres étudiants, nous avions été arrêtés, nous avons été gardés pendant trois jours. Ça été le baptême de feu de l’OGDH".

Pour Bah Oury "nous sommes dans un contexte international où il y a beaucoup de remises en cause, où les causes démocratiques ou les causes des droits de l’homme, ou des causes pour lesquelles beaucoup de peuples sont élevés pendant de longues années, suite aux leçons tirées de la seconde guerre mondiale, sont en train d’être oubliées".

Amadou Kendessa Diallo

+224 664 24 54 78

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