Guinée: une Ong de défense des droits de l'homme révèle un triste record

Société Civile

Le président de la Ligue guinéenne des droits de l'Homme -LIGUIDHO- a animé une conférence ce mercredi à Conakry au terme du projet d'assistance juridique et judicaire en faveur de 150 femmes et enfants démunis vivant en milieu carcéral. Me Emmanuel Kpana Bamba a dressé le triste constat dans les maisons centrales de Conakry et de Labé.

En mai 2016, la Liguidho a lancé les activités du projet dénommé "Assistance juridique et judiciaire en faveur de 150 femmes et enfants démunis vivant en milieu carcéral en Guinée notamment les maisons centrales de Conakry et de Labé".

L'avocat de la Liguidho a, d'entrée, souligné que: "ce projet résulte de plusieurs constats de la Liguidho dans les prisons guinéennes et en particulier dans les maisons centrales de Conakry et de Labé qui battaient en février dernier le triste record en matière de durée de détention provisoire car on y enregistrait parfois dix ans voire plus  de détention préventive".

Selon Me Bamba, "les détenus en attente de jugement étaient plus nombreux que ceux déjà jugés et ce, au mépris des normes juridiques en la matière". Or, déplore-t-il, "les instruments juridiques nationaux comme la Constitution, le code de procédure pénale et le code de l'enfant, garantissent aux détenus des droits fondamentaux".

Poursuivant son intervention, il dira que les "instruments juridiques nationaux et internationaux  prévoient une séparation entre les différentes catégories  de personnes détenues, notamment entre hommes et femmes, adultes et mineurs, puis entre condamnés et détenus provisoires et entre accusés et prévenus. Ils encouragent également le droit  au respect de la dignité humaine, le droit d'être jugé dans un délai raisonnable et le droit à un procès équitable dans lequel le droit à la défense est garanti".

Malgré toutes ces mesures de protection, la Liguidho  a constaté que "dans la pratique, des mineurs partageaient les mêmes cellules que les majeurs  aussi bien que des femmes partageaient  les mêmes couloirs ou vérandas que les hommes".

Ce n'est pas tout. Le constat de la Liguidho révèle également le dépassement de la  capacité d'accueil  des prisons et  la surpopulation carcérale  due à la lenteur des procédures alternatives.

Pour terminer, Me Emmanuel Bamba a remercié ses collègues de travail et le PNUD qui a financé le projet dans son programme "gouvernance et Etat de droits".

Amadou Kendessa Diallo

+224 664 24 54 78

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