A l'Union des forces démocratiques de Guinée -UFDG-, la page de l'ancien vice-président est tournée. Rarement pour ne pas dire jamais, on évoque le nom de Bah Oury, ancien exilé politique, gracié en décembre 2015. Pourtant, l'ancien ministre de la Réconciliation nationale n'abdique pas et compte aller jusqu'au bout.
Le fondateur de l'Union des forces démocratiques de Guinée a ouvert un nouveau front contre Cellou Dalein Diallo et son 'petit' directoire, comme il aime à le dire. L'ancien numéro 2 du parti a inauguré, le 27 août dernier, un nouveau siège pour l'UFDG à Nongo dans la commune de Ratoma.
Exclu du parti le 4 février 2016 par le Conseil politique de l'UFDG, mécontent, Bah Oury avait qualifié cette décision de "nul et de nul effet". Le lendemain, il décide de s'y rendre. La direction du parti lui barre la route. Il s'en est suivi un tohubohu général au cours duquel un journaliste, Mohamed Koula Diallo est tué. Les deux camps s'accusent et se transportent à la justice. Une vingtaine de la garde rapprochée de Dalein est écrouée à la maison centrale après des enquêtes préliminaires.
Bah Oury porte plainte au tribunal de Dixinn pour "tentative d'assassinat sur sa personne" et attaque la décision l'excluant du parti. Depuis, les deux camps se lancent des insanités. L'ancien exilé politique semble isolé tant par ses pairs de l'opposition qui auraient plutôt un penchant pour Cellou Dalein mais aussi par le pouvoir qui ne lui facilite pas la tâche en mettant la pression sur la justice.
Le président du groupe parlementaire de la mouvance, Amadou Damaro Camara, avait, d'ailleurs publiquement, pris cause et effet pour Cellou Dalein au détriment de son ex numéro 2 au moment où ce dernier est allé rencontré le président de l'Assemblée nationale, Claude Kory Kondiano, pour demander la 'levée de l'immunité parlementaire du chef de file de l'opposition'.
Se sentant marginalisé, l'ancien exilé politique attaque plus fort en se dotant d'un siège dont l'inauguration s'est déroulée le week-end dernier en présence de plusieurs de ses proches. Si au côté de la justice, ses plaintes contre son ancien président et cie trainent encore, Bah Oury décide, en cavalier, de prouver à ses détracteurs qu'il n'est pas un has been. Il réclame à cor et à cri le parti dont il est le fondateur.
En ayant un siège personnel, les militants de l'UFDG risquent d'avoir l'embarras de choix. Ce qui peut compliquer la tâche encore à ses adversaires en ce qui concerne la paternité du parti qui fait objet de discorde.
Aujourd'hui, même isolé et esseulé, Bah Oury dispose encore d'une force de frappe qui peut faire mal au parti. Mais, ce qui semble impossible, c'est la réconciliation entre les deux parties tant les divergences et les grossièretés entre elles ont franchi le Rubicon.
Les divergences entre Cellou Dalein Diallo, le président de l'UFDG et Bah Oury, le 1er vice-président (exclu) datent d'octobre 2015, juste après la présidentielle perdue.
Amadou Kendessa Diallo
+224 664 24 54 78