En cette saison hivernale, les Guinéens sont confrontés à plusieurs problèmes liés à leur existence. Ils vivent, impuissants, sous le poids de l'insalubrité qui est devenue, on ne peut plus, insupportable aux yeux de bien des citoyens. Comme si cela ne suffisait pas, la dégradation poussée du trafic routier vient en rajouter à la souffrance du peuple.
Le quotidien du Guinéen se complique du jour au lendemain. L'Etat et ses structures décentralisées et déconcentrées ont montré leur limite dans la gestion de deux problèmes évoqués ci-haut. Et les citoyens en ont marre de vivre ces tristes réalités auxquelles ils sont confrontés mal gré.
La réalité crève les yeux. Partout à Conakry et dans les villes environnantes, l'insalubrité dépasse l'entendement humain. Le gouvernorat de la ville de Conakry qui doit, normalement, gérer cette situation manque cruellement de moyens (financiers et logistiques) pour affronter le problème. Les citoyens font ce qu'ils peuvent, ramasser et déposer les ordures en bordure de routes. De temps en temps, ceux qui sont chargés du ramassage font leur mieux et avec leurs moyens du bord.
Mais si la situation ne se limitait qu'à l'insalubrité, c'était encore gérable. Aujourd'hui, ce sont toutes les voiries qui se dégradent à petit feu et deviennent quasi impraticables par les automobilistes. Seules les bicyclettes sont capables de ce frayer un chemin dans un réseau routier des plus bordels qui puissent exister dans un Etat. D'autres localités sont coupées du reste du pays suite aux fortes pluies diluviennes, tant d'autres sont aussi menacées.
Pas plus qu'hier, la ministre des Travaux publics tirait la sonnette d'alarme sur les antennes des médias publics pour alerter les usagers de la nationale Conakry - Kindia sur les risques qu'ils encourent. Le pont de Bangouya, situé à Kouriah dans la préfecture de Coyah, n'a pas encore cédé, mais désormais, les autorités en charge du secteur, n'autorisent que treize tonnes pour passer sur le pont, a indiqué la ministre.
Cette situation est le reflet de tout le réseau routier du pays qui est en dégradation avancée. Actuellement; la triste réalité crève les yeux. Et ce ne sont pas ceux qui voyagent à N'Zérékoré qui diront le contraire. Entre Gueckédou et Macenta, ce tronçon s'appelle tout simplement "un calvaire" tant les usagers en souffrent.
Faute de financements conséquents, les citoyens sont abandonnés à eux-mêmes par l'Etat incapable de sauver un seul secteur de la vie socioéconomique. Le manque de crédit de nos institutions aux yeux de la communauté des bailleurs, la clientélisme dans l'octroi des marchés publics, la corruption qui mine le secteur des travaux publics sont les véritables causes de cette situation de merde que vivent malheureusement les Guinéens.
Si rien n'est fait pour palier la dégradation poussée de nos routes, il est fort à craindre une révolte générale ou l'isolement pur et simple de certaines localités du pays. L'Etat est averti car la situation nous pousse à se demander où est-il?
Amadou Kendessa Diallo
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