Crise politique: que reste-t-il aux protagonistes pour sauver la Guinée?

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Politique

Face à la menace insistante de l'opposition de descendre dans la rue, l'ensemble des acteurs sociopolitiques se sont mis en branle pour lancer un appel au calme et à un dialogue constructif. De la société civile au Conseil Economique et Social -CES- en passant par les états majors des partis politiques, tout le monde veut la paix et la stabilité en Guinée au regard de tout ce qui se passe dans la sous-région.

Mais, font-ils autant pour demander au gouvernement d'appliquer les points de consensus issus des accords signés auparavant entre les fils du pays sans une médiation internationale? Non! peut-on amener à répondre tant ce pouvoir a su rouler leaders politiques, leaders syndicaux et la population dans la farine.

Mais, comme le dit un dicton, "à beau uriner de loin, les gouttelettes finissent toujours entre les deux pieds". L'heure de la vérité semble sonner entre le pouvoir et l'opposition qui tient mordicus à en découdre avec cet adversaire.

Plusieurs fois, des manifestations politiques ont été programmées et annulées soit à cause de l'absence du Chef de l'Etat, Alpha Condé au pays ou suite à la demande des acteurs sociaux. Aujourd'hui, sans obtenir ce qu'elle veut, l'opposition multiplie ses contacts avec la population à la base en organisant des meetings géants pour dit-elle "une sensibilisation" sur les problèmes dont souffrent la plupart des Guinéens. Des revendications politiques, elle est passée à des revendications sociales légitimes tant la souffrance et la pauvreté des citoyens se sont exacerbées ces dernières années.

Ce 16 août 2016, l'opposition va marcher sur la route Le Prince à la demande du gouverneur de la ville de Conakry, Mathurin Bangoura qui a avancé des arguments à ses yeux solides pour faire changer à l'opposition son précédent itinéraire qui était l'autoroute Fidel Castro.

Si l'opposition a accepté pour cette fois-ci  de renoncer à cet itinéraire, cependant, elle n'a pas, à l'entendre parler,  abdiqué.  Au cours du meeting tenu dimanche 14 août à Wanindara dans la commune de Ratoma, après celle de demain, une autre marche sera organisée sur ce tronçon pour dénoncer la mauvaise gouvernance de l'actuel régime.  

Ce qui veut dire que si rien n'est fait pour désamorcer la situation sociopolitique, le pays risque de se replonger dans une nouvelle crise qui va s'ajouter au manque de croissance économique et à plus de frustrations.

Au lieu de continuer à voyager à travers le monde, Alpha Condé n'aurait-il pas  fait mieux  de rester au pays pour dialoguer avec ses adversaires politiques et gérer la crise interne car la stabilité est le principal facteur d'attraction des investisseurs?

Mohamed Sylla

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