Justice: prison avec sursis pour un opposant

Politique

Arrêté le 2 août 216 par la Brigade des investigations judiciaires, le député uninominal de Gaoual, Ousmane Diallo, a été condamné, ce vendredi 12 août 2016, par le Tribunal de Dixinn, à deux ans de prison avec sursis et au paiement d'un million de francs guinéens.

L'opposant, accusé d'avoir offensé le Chef de l'Etat et diffamé trois cadres du parti présidentiel, a nié tout mercredi lors de la première audience  en affirmant au passage qu'il a répondu à un leader politique, parti au siège d'un parti politique et non au président de la République.

Ce procès de Ousmane Gaoual, l'un des plus médiatisés en 2016, a fait l'objet de plusieurs interprétations de la part des juristes. Car, ils sont nombreux à reprocher à la justice d'avoir failli sur la forme de l'arrestation du député. Protégés par une immunité parlementaire, les députés ne peuvent être arrêtés avant la levée de cette carapace juridique.

D'ailleurs, beaucoup estiment que c'est pour cela que la charge pour laquelle il a été convoqué par le procureur, c'est-à-dire, "la flagrance de délit" n'a pas été retenue dans les charges contre lui.

De toutes les façons, ce procès du député de l'Union des forces démocratiques de Guinée -UFDG- aura suscité assez de controverses. D'aucuns allant jusqu'à accuser la justice d'être instrumentalisée par les politiques.

En ce qui concerne l'action civile, le prévenu a été condamné au paiement d'un franc symbolique pour la réparation des préjudices causés aux trois cadres du parti présidentiel notamment  Sanoussi Bantama Sow,  Dr. Hady Barry et Malick Sankhon.

"Le juste milieu"

Petite satisfaction au niveau des avocats de la partie civile. Me Sampil estime que le juge a choisi le "juste milieu". Par ailleurs, les avocats de la défense se réjouissent de la libération de leur client. Ils comptent interjeter appel dès la semaine prochaine, promettent-ils. Apparemment, ils ne seront pas les seuls. Le Procureur compter aussi faire la même chose.

Que cela soit l'un ou l'autre cas, la justice a donné un avertissement aux citoyens qui font des déclarations à l'emporte-pièce.

Cependant, ce qu'il faut saluer chez Ousmane Gaoual, c'est la franchise avec laquelle , il a affronté la justice, sans gêne et surtout son courage de dire devant le juge les maux dont souffrent le pays.

Faut-il rappeler que le député de l'UFDG avait été condamné au mois d'août 2015 à 18 mois de prison avec sursis.

Amadou Kendessa Diallo

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