Forum social mondial au Montréal: l'Afrique, la grande victime !

Société Civile

Face à un monde dominé par une idéologie néolibérale, caractérisé par une économie de marché et où les plus forts dictent les règles du jeu, l’impérieuse nécessité s’impose de trouver, au nom de la loi d’équilibre des forces, un mouvement mondial servant de contre-pouvoir pour corriger les dérives du capitalisme. Ainsi, des acteurs sociaux  du monde entier se donnent rendez-vous au Canada pour proposer une alternative.

Un autre monde est possible !

Le 25 janvier 2001, parallèlement au forum mondial de Davos, le premier Forum Social Mondial -FSM- s’ouvre à Porto Alegre, au sud du Brésil avec pour thème "Un autre monde est possible".

Cet espace mondial ouvert connaitra la participation de 900 organismes non gouvernementaux, des centaines de parlementaires, des écologistes et féministes.

Quatre axes ont été abordés, «La production de richesses», «L'affirmation de la société civile», «L'accès aux richesses» et «Le Pouvoir politique et éthique dans la nouvelle société». Des questions comme l'élimination de la dette des pays en voie de développement et la lutte contre les stratégies des organismes financiers internationaux, comme le Fonds monétaire international, sont débattues.

Après une décennie de gloire, marquée par une forte mobilisation, allant jusqu'à 150 000 participants, parmi lesquels des Chefs d’Etat et prix Nobel, le FSM se tiendra successivement en Inde 2004,  au Kenya en 2007, au Mali, à Karachi (Pakistan)au Sénégal en 2011 et à Tunis 2013 et 2015.

Les défis globaux n’ayant pas de frontières, le FSM sera délocalisé pour la première fois en 2016, contrairement aux précédentes éditions dans un pays du Nord.

Le canada accueil le FSM de 2016

Longtemps critiqué de s’inscrire dans une opposition  Nord-Sud, le forum social mondial sera organisé pour la première fois, dans un pays du nord et membre restreint du G7. Ainsi, le Canada aura le privilège d’accueillir du 09 au 14 août 2016, de cette rencontre internationale.

Pour permettre aux invités de bien préparer leurs voyages, le comité d’organisation  du forum social aura adressé 2000 lettres d’invitations à des personnes du monde entier.

Toutefois, cet évènement d’envergure planétaire se caractérise sur le sol canadien, par une faible mobilisation.Ceci s’explique par le refus des autorités canadiennes d’accorder de visa à plus de 235 conférenciers et invités, a confié à l’AFP, le porte-parole du FSM, Safa Chebbi.

Selon les réponses données aux organisateurs par des invités déboutés, les motifs du rejet  de la demande de visa sont: les voyages antérieurs du demandeur, sa situation financière ou l'incertitude quant à son retour dans son pays d'origine.

Le porte-parole Nancy Caron du ministère canadien en charge de l’immigration, se défend en ces  termes : "Les formulaires de visa sont traités au cas par cas» sur des éléments précis fournis par le demandeur, comme l'état de santé, l'antécédent judiciaire ou les ressources financières nécessaires au séjour".

 Poursuivant, elle impute la faute au comité d’organisation: "depuis que l'événement a été enregistré, aucun contact n'a été établi entre les organisateurs (du FSM) et l'unité spéciale événements".

Sans trop chercher les poux sur une crane rasée, l’histoire retiendra que le premier forum social mondial dans un pays du nord marque l’essoufflement d’un mouvement perçu comme un forum anti-Davos.

L'Afrique, l’invitée indésirable au Canada !

Parmi les grands absents au forum social mondial de 2016, les invités en provenance du continent africain. Parmi les nombreux Africains jugés invités indésirables au Canada, on note principalement des citoyens de la République démocratique du Congo, du Mali, du Burkina Faso, du Bénin, du Togo, du Nigeria et du Maroc.

Des personnalités comme la militante altermondialiste malienne Aminata Traoré, qui a posé symboliquement sa candidature au poste de secrétaire générale des Nations-Unies, le Sénégalais Ababacar Mbaye Gaye, militant pour les droits des enfants en Afrique de l’Ouest, ont vu leurs demandes de visa rejetés.

Aminata Traoré, ex-ministre de la culture du Mali, qui  devait animer trois activités sur l’éducation, le syndicalisme et les femmes, a décidé de ne pas participer après un premier refus de visa par le Canada. Joint au téléphone par le site ledevoir.com, elle se confie: "Par principe, j’ai décidé d’annuler ma participation au FSM, parce qu’on n’a jamais été confrontés à une situation pareille. Par solidarité, je ne vais pas y aller alors que 200 autres n’ont aucune chance de venir".

Interrogé  aussipar ledevoir.com, Ababacar Mbaye Gaye explique qu’il avait pourtant récolté la somme de 1 450 dollars pour participer à l’événement, et avait présenté dans sa demande de visa, les preuves de ses moyens financiers suffisants pour la durée du séjour. "C’est mieux de le faire [le Forum] dans un pays où tout le monde peut accéder sans problème. Sans la participation des Africains, on ne peut pas prétendre que le Forum est mondial !", soupire-t-il.

Le groupe Africain au comité d’organisation du FSM n’a –il pas eu raison de s’être opposé  dès le début à la candidature du canada?

A. Tidiane Barry, membre de la société civile

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BARRY Amadou Tidiane.

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