C'est l'avis d'un président d'une Ong de la société civile. Fatigué de "l'impartialité" de cette société civile en violation flagrante de la loi, le juriste appelle à une prise de conscience générale. Voici pourquoi, parfois la vérité blesse.
"Pour éviter [à la Guinée] un avenir incertain, il est de la responsabilité de toutes les composantes de la Nation de dénoncer les violations des lois qui fondent notre société et d'exiger leurs respects, surtout à ceux qui sont chargés de les faire appliquer", a déclaré le week-end dernier le président de l'Observatoire citoyen de défense des droits de la République -OCDR-.
Mamady 3 Kaba, au nom de son Ong fondée en 2014, constate "que le débat sur l'organisation des élections locales se trouve exclusivement concentré entre les mains des politiques" prenant "les citoyens en otage".
"Malheureusement, regrette-t-il, la société civile qui devrait être ...le recours ultime des citoyens est dominée par les hommes politiques, l'empêchant ainsi de dire a vérité, toute la vérité, en tout temps, en tout lieu et à qui veut l'entendre dans l'intérêt supérieur de la Nation".
Pour le juriste, la non-tenue des élections est plutôt due "à la volonté politique" et non "à des contraintes juridiques, institutionnelles ou administratives" car, explique-t-il, "les élections communales sont organisées par les démembrements de la Ceni sur le territoire de chaque collectivité locale et que des candidatures indépendantes sont autorisées (art: 115 du code électoral)".
Le contentieux électoral des élections locales est soumis au tribunal de première instance ou à la Justice de paix contrairement aux élections présidentielle et législative dont le contentieux est exclusivement réservé à la cour constitutionnelle.
Aujourd'hui, reconnaît le juriste Kaba, "les collectivités ne peuvent se développer que quand elles s'administrent librement. Nous appelons nos amis de la société civile à rompre avec la neutralité. Il faut renoncer avec cette neutralité pour exiger l'organisation des communales. Aucune des contraires évoquées ne peut empêcher la tenue des élections locales. Il y a des incohérences entre le code des collectivités et la Ceni. De ce fait '' la loi s'applique tant qu'elle n'est pas abrogée. Les collectivités doivent être gérées par des élus et non des nommés".
Amadou Kendessa Diallo pour lejourguinee.com
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