Faute de leadership et d'application des points consensuels issus des différents accords politiques, la Guinée pourrait être confrontée à nouveau à une crise. Les acteurs politiques sont divisés sur plusieurs points. Au même moment, le pays traverse une crise économique marquée par une absence de croissance. Deux ingrédients qui, si rien n'est fait, pourraient accélérer la détérioration du climat sociopolitique. Déjà les hostilités sont engagées.
D'un côte, le RPG, parti au pouvoir, apparemment paniqué par les menaces de l'opposition républicaine, crie au complot et au Coup d'Etat contre le régime d'Alpha Condé. Cette sortie du parti intervient à moins de quelques semaines de la manifestation dite pacifique annoncée par l'opposition république avec à sa tête, Cellou Dalein Diallo.
Pour empêcher toute perturbation du climat sociopolitique, le gouvernement dirigé par Mamady Youla, a convoqué les acteurs politiques à un nouveau dialogue. Qualifiée de discourtoise l'invitation faite aux principaux opposants, ce dialogue n'a pas eu lieu. Car, les concernés ont tout simplement décliné l'offre du gouvernement crispant davantage la situation politique.
De l'autre côté, l'opposition républicaine a besoin de redorer son blason après des échecs répétés des journées "ville morte" qu'elle a organisées à Conakry et sur l'ensemble du territoire national. Désormais, elle veut monter les enchères avant d'aller à toute négociation avec le gouvernement. Le chef de file de l'opposition multiplie les meetings dans les quartiers pour, dit-il, sensibiliser les populations sur les revendications de l'opposition.
Contrairement, aux précédentes qui étaient éminemment politiques, l'opposition républicaine change de stratégie en prenant cette fois-ci en compte des aspects économiques notamment la cherté de la vie, la passation de marchés de gré à gré, la mauvaise gouvernance, l'insalubrité de la capitale, etc.
Pour se blanchir de toutes ces accusations, le RPG a organisé le 15 juillet une émission synchronisée avec une dizaine de radios publique et privées pour évoquer les acquis du premier mandat d'Alpha Condé. Il tentait, par là, de se justifier sur le manque de croissance et les difficultés dont la Guinée est actuellement confrontée. Mais cela a-t-il été entendu?
En définitive, faut-il noter, que d'un côté comme de l'autre, tout n'est pas rose. Si la panique est palpable dans le camp du parti au pouvoir, l'opposition est également caractérisée par ses divisions parce qu'ayant des visions différentes.
A quand le prochain dialogue?
Amadou Kendessa Diallo
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