A peine votée à l'assemblée nationale, la loi sur la cybercriminalité fait peur aux associations de presse et aux Ong de défense des droits de l'homme. Si auparavant, les délits de presse étaient dépénalisés en Guinée, ces structures citées ci-haut s'inquiètent de la nouvelle loi sur la cybercriminalité.
Depuis sa proposition au Parlement par la majorité présidentielle, les journalistes, les webactivistes et les lanceurs d'alertes ont dénoncé cette loi jugée "dangereuse" pour la liberté de la presse.
Ce vendredi, en conférence de presse, Ibn Conté, président de l'Agepi, Abdoul Aziz Diallo, juriste et Diallo Souleymane, administrateur général du journal satirique Le Lynx étaient en face de la presse "pour une lecture explicative des lois portant sur la liberté de la presse" en Guinée. Il ressort de l'explication du juriste que la loi sur la cybercriminalité adoptée récemment à l'Assemblée nationale est confuse. L'objectif est de clarifier certains aspects de la loi notamment ceux liés à "l'offense et à la diffamation".
Le président de l'Association guinéenne des éditeurs de la presse indépendante -agepi- ajoute que les associations de presse ont constaté des "violations graves de la liberté de le presse".
"C'est une loi liberticide qui viole la liberté d'expression dans notre pays. La version du code pénal révisé a été élargi. On a constaté qu'il y a beaucoup de renvois. Il y a aussi une troisième loi sur l'investigation. Cette dernière est méconnue par la plupart des journalistes. Nous voulons faire l'alerte et non une gérer de crise", a déclaré Moussa Ibn Conté. Avant d'interpeler les journalistes de la presse en ligne de se préoccuper de certains aspects de cette loi proposée par la majorité présidentielle.
Pourtant cette loi réputée être "dangereuse" pour la corporation a été adoptée non pas à la majorité par les trois groupes parlementaires le 2 juin dernier.
Par ailleurs, Abdoul Aziz Diallo note que certes, le journaliste doit être protégé. Cependant, dans l'exercice de sa fonction, il dira qu'il doit aussi respecter "le principe de triangulation" qui consiste à vérifier l'information lorsqu'il l'a pas seulement de se contenter de la source. Car, justifie-t-il, les trois principes ne sont pas complémentaires".
On reproche à cette nouvelle loi des condamnations pécuniaires difficiles voire trop difficiles à payer et des graves privations de libertés avec des incriminations légères.
En conclusion, on peut affirmer qu'en voulant lutter contre "la cybercriminalité", des libertés chèrement acquises au temps du régime militaire sont en train d’être "bafouées" par un régime dit "démocrates" juste pour le contrôle et le musèlement des journalistes, des webactivistes et des blogueurs.
Amadou Kendessa Diallo