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La préfecture de Labé abrite la première édition du Festival des Arts et du Rire, initié par Soudou Daardja Prod avec l'appui des autorités administratives et locales. Les activités de ce grand rendez-vous culturel ont démarré le  28 avril 2016, sous le parrainage de l'humoriste ivoirien, Adama Dahico.

Elles ont débuté par un carnaval géant parti de Safatou en passant par l'hôpital régional, le collège Hogo Bouro, le stade Saifoulaye Diallo avant de se terminer à la devanture du gouvernorat de la région. Partout où le carnaval est passé, Mamadou Thug, Adama Dahico et les autres artistes invités à ce festival ont attiré du monde.

Mamadou Thug, Dahico, le styliste burkinabé, Salifou Compaoré,  et leurs compagnies ont été accueillis par le gouverneur Sadou Keita et ses adjoints. Ils ont conjointement animé une conférence de presse au cours de laquelle M. Keita s'est dit réjoui de la tenue de ce festival dans sa juridiction administrative. Au nom des autorités de sa région, le gouverneur  a souhaité la "cordiale bienvenue et un bon séjour à Labé" aux artistes venus pour le Festival des Arts et du Rire -FAR.  Sadou Keita a aussi remercié l'Association initiatrice de cette activité intitulée  le "Festival International du rire".

A cet effet, dira la première autorité de la région: "je voudrai souhaiter particulièrement la bienvenue à notre cher frère Dahico. Il est un artiste au-delà de l'Afrique. C'est aussi un artiste d'autres continents tellement il fait rire et en faisant rire, il dit la vérité et soulève des questions de développement. Qu'est-ce qui a manqué à notre pays, c'est le rire. Maintenant parce qu'on banalise, le rire fait partie de notre culture, de notre civilisation d'ailleurs. C'est maintenant on a cessé de rire et on meurt vite. Le rire nous permet de nous rapprocher, de nous  égayer, d'ouvrir notre esprit. (...)Et Labé s'appelle Bhoundou Ghandhal la source de la culture".

Toujours, dans son intervention, Sadou Keita a mis l'accent sur l'importance et le rôle du rire dans la société africaine.  Selon lui,  le rire doit faire partie de la culture guinéenne pour éviter les suspicions, l'ethnie entrisme et la division.

L'initiateur du projet, Mamadou Thug, a félicité les autorités de Labé pour leur disponibilité, les artistes pour leur déplacement avant de dire que son objectif comme tout comédien c'est la sensibilisation, la formation et le spectacle.

Adama Dahico, à son tour, a remercié son ''jeune frère'' Thug et la Guinée. ''J'ai  accepté de venir en Guinée pour  accompagner cette dynamique. Aujourd'hui, l'humour est un art  de divertissement , mais c'est aussi un art de communication, donc, un vecteur de développement. Je suis Ivoirien. Je suis la situation guinéenne. Si la Guinée avait introduit le rire dans sa culture, elle n'aurait pas eu de suspicions'', a souligné l'humoriste ivoirien.

Hier, vendredi, il y a la prestation de tous les artistes et comédiens dans un hôtel de la place en présence du préfet, Commandant Mamadou Lamarana Diallo

Amadou Kendessa Diallo, depuis Labé pour lejourguinee

 

Le Secrétaire général du parti de l'Unité et du Progrès -PUP-, du défunt président Lansana Conté, vient de mettre fin à des rumeurs qui couraient, il y a belle lurette. Et c'est sa première sortie médiatique.

"Je vais vous dire ceci, le parti n’a  reçu aucun client, personne n’est venu nous demandé de vendre le parti", ceci pour faire taire les rumeurs.

Des folles rumeurs faisaient état de la vente au fils du Président Alpha Condé, le parti PUP. A cet effet, le président du parti, Fodé Bangoura, a animé une conférence de presse ce jeudi 28 avril 2016 à Conakry pour évoquer la question.

Le président du parti,  dans son intervention, a rappelé que cette information vient d’un journal de la place affirmant  que le président de la République avait donné au président du parti 13 milliards, 10 pick-up et 30 motos pour présenter son fils Mohamed Alpha Condé  en 2020.

Selon lui, cette information est fausse  parce que, si le président veut donner un parti à son fils serait le parti RPG qui appartient à son père en disant: "si un fils doit être présenté par un parti c’est le parti de son père qui le présente. Voilà des exemples en Afrique : Aly  Bongo au Gabon c’est le parti de son père et  Karim Wade aussi  c’est le parti de son père", précise-t-il.

"Le parti n’a  reçu aucun client, personne n’est venu nous demander de vendre le parti. Nous aussi, nous ne sommes allés rencontrer personne pour lui demander d’acheter, il n’est pas à vendre, ce  n’est  pas une marchandise", conclu-t-il.

Pastoria Camara

 

Luanda - Hôpitaux surchargés, mortalité infantile record, manque criant de matériel: l'épidémie de fièvre jaune qui frappe l'Angola met en lumière l'état déplorable des services publics de santé, aggravé par la chute des cours du pétrole qui touche le deuxième producteur africain d'or noir.

Domingos Ngozulu, responsable de l'entretien d'une résidence de Luanda, a perdu récemment son premier enfant. En décembre, 24 heures après la naissance du bébé qui souffre de problèmes respiratoires, la famille est mise à la porte du centre pédiatrique public du quartier de Talatona, dans la capitale angolaise.

Le médecin nous a dit que le bébé allait bien, qu'il avait juste bu du liquide amniotique. Il y avait une infirmière pour 20 à 30 patients, se rappelle le père de 32 ans, qui avait lui-même apporté à l'hôpital gants, désinfectant et pansements.

Son bébé meurt finalement à l'hôpital public de Maria Pia, l'un des plus grands établissements de santé de Luanda, après avoir passé quelques jours en couveuse, parfois avec deux ou trois nourrissons dans le même incubateur. Comble de l'horreur, l'hôpital lui remet le corps d'un autre bébé.

Le système de santé fonctionnait mieux pendant la guerre (1975-2002) car les associations humanitaires nous aidaient, affirme Domingos Ngozulu. Après la fin de la guerre en 2002, elles se sont retirées car elles estimaient que l'Etat était assez riche.

Aujourd'hui, l'Angola enregistre le pire taux de mortalité au monde parmi les enfants de moins de 5 ans, avec 167 décès sur 1.000 naissances.

Le système de santé angolais est gratuit et entièrement assisté par l'Etat. Il n'y a quasiment pas d'impôts. Or le budget de l'Etat dépend totalement du pétrole, explique Hernando Agudelo Ospina, le représentant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en Angola.

Avec la chute des cours du pétrole, le pays se trouve privé de ressources vitales. A tel point que Luanda a demandé en avril l'assistance financière du Fonds monétaire international (FMI).

Avec la crise du pétrole qui a débuté en 2015, le budget des hôpitaux a baissé de 50%, constate Luis Bernardino, médecin à l'Hôpital pédiatrique public de Luanda, dans le centre-ville.

Les salaires n'ont pas été affectés mais le budget biens et services (notamment les médicaments) si, ajoute-t-il. Dans son établissement, 25 personnes meurent chaque jour, en majorité du paludisme, la première cause de mortalité en Angola selon l'OMS.

- Train de vie fastueux -

Depuis décembre, une grave épidémie de fièvre jaune, la pire depuis trente ans en Angola, vient encore gonfler le nombre de victimes d'un système sanitaire en totale déliquescence.

La fièvre jaune, qui se transmet par les moustiques, a fait 258 morts sur 618 cas confirmés, selon les derniers chiffres de l'OMS.

L'épidémie est cependant en train de reculer, affirme Hernando Agudelo Ospina. Une campagne de vaccination financée par l'Etat avec l'aide de l'OMS a permis d'immuniser 6 millions de personnes, quasiment toute la ville de Luanda, l'épicentre.

Face à la situation sanitaire désastreuse, la colère est néanmoins palpable dans la population et vise le train de vie fastueux du chef d'Etat Jose Eduardo dos Santos et de sa fille Isabel, milliardaire et femme la plus riche d'Afrique, selon le magazine américain Forbes.

Sur les réseaux sociaux, d'insoutenables vidéos montrent un flot ininterrompu de familles lavant leurs morts, souvent des enfants, dans la cour d'un hôpital public de Luanda avant de les placer dans des cercueils.

Les gens ne veulent même plus aller à l'hôpital public quand ils sont malades car ils ont peur d'y mourir et savent que de toute manière on ne leur donnera pas de médicaments, affirme Adao Gonçalve, un chauffeur de 38 ans.

Se faire soigner dans un établissement privé est inabordable pour l'écrasante majorité de la population, même pour la classe moyenne. Une journée d'hospitalisation peut vite dépasser des milliers de dollars.

Les malades préfèrent s'éteindre à la maison ou avoir recours à la médecine traditionnelle, ajoute Adao Gonçalve, alors que sa belle-mère, hospitalisée pour un problème aux yeux, n'est jamais ressortie.  On ne sait toujours pas de quoi elle est morte, soupire-t-il.
AFP

Le gouverneur de la région de Labé, Sadou Kéita, a invité les Guinéens, du petit au grand, à soutenir les comédiens de notre pays parce qu'ils jouent un rôle primordial dans la paix sociale. Il a mis un accent particulier sur l'importance de l'humour dans l'éducation et dans la lutte contre les morts subites. Lisez son entretien

Vous venez de lancer le festival des Arts et du Rire de Labé, votre région administrative. Qu'est-ce que le choix de Labé représente pour vous?

Sadou Kéita: c'est une valeur énorme en matière de promotion de la culture dans la région. C'est un plaisir à plus d'un titre qu'on dise que le premier Festival de Rire  se tient à Labé. Je suis certain que ce festival aura un impact sur la mentalité des habitants de Labé. Cet impact qui va tendre à éteindre les velléités, et résoudre le tissu social.

L'humoriste ivoirien, Adma Dahico, participe à ce Festival. Que vous représente sa présence à ce festival des Arts et du Rire de Labé?

Nous avons approuvé d'abord que l'on organise un FAR mais que l'un des plus grands comédiens  du continent  vienne pour animer ce festival, cela va fouetter la conscience de nous autres et d'autres à soutenir les comédiens et le rire. Parce qu'on estime que le rire, c'est banal.

Or, l'humour, la comédie, le rire, non seulement libère l'esprit mais ensuite cela l'ouvre et mieux évite [les crises cardiaques, parfois]. Il y a trop de stress dans ce pays, (Guinée, ndlr), c'est parce qu'il n'y a pas de rires. Vous entendez seulement que tel est mort brutalement parce que tout simplement il lui a manqué quelque chose.

Et on oublie que le rire est un élément de culture qui peut assurer la promotion de la culture entière mais aussi le rire peut permettre d'éduquer, de sensibiliser et de dénoncer même les tares d'une société. Quand vous prenez Sarah (griot) à Kankan, invité par le feu Président Ahmed Sékou Touré, pourtant qui le connaissait, ce n'est pas n'importe qui s'essayait à ses côtés, préfets ou ministres que vous étiez, pour lui dire  qu'il y a crise de sucre à Kankan, mais Sarah l'a dit et a réglé le problème sans parler.

On lui (Sékou Touré) met cinq morceaux de sucres dans une tasse à café, avant qu'on ne l'apporte la bouteille de thermos, il (Sarah, ndlr) avait enlevé les cinq morceaux de sucre, mais le Président Sékou Touré l'observait. Il lui a demandé qu'est-ce que tu es en train de faire, non Président, ça c'est de la semence à Kankan, réplique-t-il.

Cela voulait dire tout. Et le lendemain, ce sont les camions qui avaient commencé à défiler.

L'humour n'est pas du n'importe quoi et ce n'est pas n'importe qui peut faire de l'humour.  C'est quelqu'un qui en a la formation qui en a l'esprit,  qui en a la vocation. Donc, nous nous pensons que c'est une activité qu'il faille soutenir parce qu'en cette phase de développement social et politique de notre pays, il faut ressouder le tissu social, il faut des nouvelles orientations.  Parce que quand la politique est assise sur l'ethnie, forcément nous allons au Biafra. Il faut ressouder rapidement et éliminer toutes ces tares politiques qui tendent  à déchirer entièrement ce pays-là.

Ensuite, il faut sensibiliser car la sensibilisation est une donnée essentielle dans la réconciliation et même dans le maintien de la paix. C'est évident quand vous n'allez  pas, vous n'avez pas d'arguments, le moyen de sensibiliser, vous échouez et créez les velléités. Or, le rire justement, l'humour, sont des arguments. Dahico est un humoriste plein d'imagination.

L'un des thèmes de ce FAR porte sur la formation, la sensibilisation et l'éducation des conducteurs des taxi-motos.  On sait que vous avez des préoccupations par rapport à ce phénomène. Dites-nous en un mot?

Ici, nous n'avons pas les agents nécessaires pour veiller  sur cette circulation routière.  Les effectifs sont faibles. C'est pourquoi, l'éducation va s'adresser à tous les conducteurs des engins. Labé est plein d'accidents de rien de tout, c'est-à-dire des accidents qui ne devaient pas se produire. Il suffit de très peu d'éducation et de discipline et de très peu d'attention pour qu'on évite tous les accidents à Labé. Ce n'est pas une ville très compliquée.

Donc, le message qui va être véhiculé pendant ce festival nous intéresse à  plus d'un titre sauf erreur de ma part parce qu'il va nous permettre à lutter contre l'anarchie dans la circulation routière et par finishh, on aura une ville civilisée.

Entretien réalisé à Labé par Amadou Kendessa Diallo

 

DEBAT DU MARDI 1SEPTEMBRE 2015 Avec Saliou BAH

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